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Carte blanche

Non, les logements publics ne sont pas toujours abordables !

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  • Par Alter Échos 
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A Bruxelles, le marché locatif privé n’a pas l’apanage des loyers élevés. Le cas du CPAS de la Ville de Bruxelles. Une carte blanche signée RBDH.

Dans le secteur public aussi, on trouve des logements loués à des prix proches, voire équivalents à ceux du marché privé. Des choix politiques privilégiés par certaines communes bruxelloises, mais aussi plus étonnamment par certains CPAS. Parmi ces bailleurs publics, il en est un dont la gestion immobilière nous interpelle particulièrement, c’est le CPAS de la Ville de Bruxelles.

Avec près de 2000 logements locatifs et des investissements immobiliers qui tournent actuellement autour des 100 millions d’euros par an, le CPAS de la Ville de Bruxelles est assurément une institution singulière. On oserait espérer qu’un tel patrimoine serve une cause sociale, celle des plus pauvres évidemment, celle pour laquelle les CPAS ont d’ailleurs vu le jour. Il n’en est rien.

Les logements du CPAS sont loués trop chers et de fait ne sont pas destinés aux allocataires sociaux, même bizarrement lorsqu’ils ont été rénovés ou construits à l’aide de subsides régionaux. Car, en effet, bien que le patrimoine immobilier du CPAS soit le fruit d’un héritage social séculaire, sa conservation, au fil du temps, a été assurée par d’importants subsides de la Région de Bruxelles-Capitale. De nombreux logements (environ deux tiers du patrimoine du CPAS) ont été rénovés, (re)construits grâce à des fonds régionaux.
Or il faut savoir que la Région impose, comme contrepartie, que les logements ainsi subsidiés soient assimilés à du logement social. On ne peut plus clair. Pourtant, les logements subsidiés du CPAS ont, pour une part substantielle, des loyers bien trop élevés pour en garantir le caractère social. Un exemple parmi d’autres, celui du Clos de la Savonnerie. Il s’agit de la rénovation des anciennes savonneries Heymans, rue d’Anderlecht, subsidiée dans le cadre des contrats de quartier. Certains logements une chambre s’y louent à près de 700 euros et certains deux chambres à plus de 800 euros.  

Quid des logements moyens ?

Le CPAS s’est lancé, au cours des dernières années, dans la construction massive de logements moyens (environ 500 logements neufs entre 2006 et 2012). Destinés à la classe moyenne bruxelloise, ils sont loués au prix fort : 800 euros minimum pour un deux chambres, plus de 1000 euros pour un trois chambres… Financés sur fonds propres ou par des emprunts, ces logements coûtent cher au CPAS et impliquent une logique de rentabilité maximale. Vu les loyers, on peine à croire que la classe moyenne bruxelloise, elle aussi en difficulté sur le marché locatif privé, puisse trouver des solutions appropriées à son budget dans le parc moyen du CPAS.

Si la promotion immobilière est une activité qui interroge lorsqu’elle est menée par un organisme à vocation sociale, que dire encore lorsqu’elle aboutit à la création de logements inabordables pour une trop grande majorité ? Si les pouvoirs publics ne s’engagent pas concrètement en faveur du droit au logement des plus démunis, ne participent pas (ou très peu) à la création de logements abordables, à qui s’adresser alors ?    

De notre point de vue, la politique du CPAS, approuvée par la Ville de Bruxelles, n’est pas admissible. Elle fait fi de la réalité sociale des Bruxellois et pire encore, des usagers de ce même CPAS. Dans le contexte d’urgence sociale qui est le nôtre, dans une région où l’offre de logement social fait cruellement défaut pour des dizaines de milliers de personnes, toutes les activités du CPAS devraient converger, selon nous, vers ses missions de service public d’action sociale.

Gageons que cette controverse pousse à une réflexion de fond sur la politique immobilière du CPAS de la Ville de Bruxelles et de manière générale sur la destination du logement public dans son ensemble.  

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