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  • Loi Peeters : gifle pour les travailleurs?

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    La Loi Peeters? «Une législation du travail moderne [qui] permet de mieux concilier travail, famille, soins et formation.» C’est le ministre qui le dit. La perception des syndicats diffère légèrement. 

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Carte blanche

L’immobilisme de la politique gestionnaire

  • 414 - 415
  • Par Alter Échos 
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Ayant décidé que les États devaient être gérés comme des entreprises privées, les économistes néolibéraux, qui ont l’oreille d’une majorité de responsables politiques, ont imposé l’austérité, au détriment de l’investissement dans les services et équipements collectifs. Ce faisant, ils ont également infecté toutes les solidarités institutionnelles par les diktats de la compétition et de la concurrence.

La question mérite d’être posée: réfléchirait-on de la même manière au (re)déploiement de l’offre de services social/santé en Région bruxelloise si les budgets alloués étaient proportionnels aux besoins rencontrés? La culture du chiffre serait-elle à ce point une priorité? Ou l’évaluation porterait-elle plus, par exemple, sur la plus-value que peuvent apporter les travailleurs psycho-médicosociaux en termes de vivre-mieux et vivre-ensemble?

Alors que peut-on encore pour améliorer la situation d’une Région bruxelloise dont la richesse ne profite pas à la grande majorité de ses habitants? Assurément, il s’agirait d’abord de développer une vision à long terme de ce que l’on veut faire de Bruxelles, et donc, suggérer à nos élus de cesser de penser sur le temps d’une législature et de traiter les dossiers sur le mode de la perpétuelle urgence.

Le gouvernement par l’urgence développe des effets qui vont à l’encontre d’une politique du débat. En évinçant le temps long au profit de l’immédiateté, en privilégiant la mise en place de dispositifs destinés à résoudre les problèmes au coup par coup, les pouvoirs publics enclenchent une machinerie de gestion sociale qui s’empêche de toucher aux structures sous-jacentes à l’apparition des problèmes «superficiels». Ce faisant, ils refusent de (se) donner les moyens d’une transformation sociale.

Derrière l’écran de fumée des réformes «indispensables» et récurrentes, c’est en fait une sorte d’immobilisme qui apparaît. Celui de la logique gestionnaire qui interdit le débat et la production d’alternatives aux positions dictées par de faux impératifs. La production continue d’échéances intenables renforcée par le recours à la logique de l’appel à projets noie les associations sous les sollicitations. Placées au mieux en position de réaction, au pire en situation de burn-out, celles-ci ne peuvent que s’épuiser à suivre le rythme.

L’absence du long terme comme horizon temporel de la décision politique souligne à quel point nous sommes, collectivement, en manque de projet. Figurer cet avenir est une ressource essentielle pour la discussion publique. Au-delà des «plans» et des «réformes» qui visent à utiliser «plus efficacement» les ressources disponibles, la question centrale est de savoir pour quoi nous faisons ce que nous faisons, c’est-à-dire quel type de société nous voulons construire. L’accumulation des innovations ne dessine pas un projet de société; c’est la force du secteur psycho-médico-social, dans toute sa diversité, d’être porteur, à travers son existence même, d’un tel projet. Il lui incombe de rester un producteur actif de visions d’avenir et de ne pas esquiver sa mission d’inventeur de possibles, d’utopies inatteignables.

Jacques Moriau et Alain Willaert, Conseil bruxellois de coordination sociopolitique

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