Alter Echos : Rebondir sur l'innovation sociale L'actualité sociale, avec le décodeur

alterecho-banner-abonnement

Banners_FB


  • capture-decran-2016-11-30-a-15-39-54
  • Loi Peeters : gifle pour les travailleurs?

    Share on LinkedInShare on Google+Tweet about this on TwitterShare on Facebook

    La Loi Peeters? «Une législation du travail moderne [qui] permet de mieux concilier travail, famille, soins et formation.» C’est le ministre qui le dit. La perception des syndicats diffère légèrement. 

    Share on LinkedInShare on Google+Tweet about this on TwitterShare on Facebook

banniere_drogue


single-alter-echos.php

Emploi et formation

Les bassins de vie se remplissent peu à peu

  • 358
  • Par Julien Winkel
Share on LinkedInShare on Google+Tweet about this on TwitterShare on Facebook

On avait quitté les bassins de vie enseignement-formation-emploi presque fâchés il y a de cela un an. Un avant-projet d’accord de coopération a néanmoins été approuvé il y a peu en gouvernement conjoint interfrancophone

En juin 2012, plusieurs organes consultatifs comme le CESW (Conseil économique et social de Wallonie), le CESRBC (Conseil économique et social de la Région de Bruxelles-Capitale) ou la CCFEE (Commission consultative formation emploi enseignement) avaient remis un avis sur les résultats de deux groupes de travail mis en place pour réfléchir à deux aspects du projet : le découpage géographique des bassins de vie pour l’un, et les modalités d’appel à projets et de fonctionnement de ceux-ci pour l’autre. Si l’on dit « fâchés », c’est que ces organes avaient pointé deux sérieux problèmes : on leur demandait de se prononcer sur des aspects « particuliers et parcellaires » du système sans qu’ils puissent les inscrire dans une vision globale des bassins de vie. Et il existait un risque, pour Bruxelles, d’engendrer un énième « brol » qui aurait pu venir parasiter d’autres initiatives.

Des clarifications

Mais le 7 février dernier, le gouvernement conjoint interfrancophone régional et communautaire a approuvé, en première lecture, un avant-projet d’accord de coopération relatif à la mise en œuvre des bassins de vie. Si certains intervenants s’interrogent sur la valeur ajoutée du projet et craignent toujours qu’il ne devienne une « usine à gaz » vu notamment l’ensemble des niveaux de pouvoirs et des intervenants qu’il implique, le texte a au moins le mérite de clarifier certaines choses, même s’il soulève aussi plusieurs questions.

Premier détail d’importance : le système d’appels à projets a été abandonné. Deuxièmement : il existera neuf bassins de vie (huit en Wallonie et un à Bruxelles). Enfin, chaque bassin de vie et son instance (voir encadré) viendront remplacer les CSEF (Comités subrégionaux pour l’emploi et la formation) en Région wallonne et la CCFEE à Bruxelles, ce qui dans ce dernier cas évite que l’on crée une énième structure bruxelloise. Rayon fonctionnement, les instances devront établir, sur base d’analyse et de cadastres (en termes de besoin d’emploi, d’offre d’enseignement qualifiant et de formation professionnelle) et d’avis et recommandations éventuelles du CESW et du CESRBC, une liste de thématiques communes aux filières professionnelles et métiers et diffuser celle-ci auprès des opérateurs d’enseignement qualifiant, de formation professionnelle, d’emploi et d’insertion. Cette liste de thématiques aura pour objectif d’orienter et de favoriser l’adaptation de l’offre d’enseignement qualifiant et de formation professionnelle aux besoins socio-économiques du bassin de vie.



Autre point important : les instances bassins de vie devront développer des pôles de synergie afin de permettre l’émergence de projets communs censés améliorer les dispositifs locaux d’enseignement qualifiant, de formation, d’emploi et d’insertion. Elles détermineront pour ce faire les pôles qu’elles développent et leur nombre en fonction des secteurs d’activité, filières professionnelles et métiers qu’elles ont identifiés. Un rôle d’avis leur sera aussi dévolu.

Et plusieurs questions

Cela dit, plusieurs questions subsistent. Celle des missions et des moyens affectés aux instances, tout d’abord. Si l’on se dirige en principe vers un élargissement des missions des ex-CSEF et CCFEE (ce qui voudrait dire que ces organes garderaient leurs missions actuelles, agrémentées de nouvelles), la question de l’argent revient souvent sur la table puisque l’avant-projet d’accord de coopération prévoit que les moyens de fonctionnement et de personnel des CSEF et de la CCFEE soient maintenus et affectés aux instances pour la réalisation des missions visées par l’accord de coopération. Cela veut-il dire que les anciennes missions ne seront plus financées ? Si elles le sont, sera-ce assez compte tenu du fait que les missions dévolues aux instances seront logiquement plus nombreuses (pôles de synergie) et qu’aucun budget supplémentaire n’est prévu ? Et puis surtout, ne risque-t-on pas de voir surgir certains conflits entre partenaires à ce niveau ? « L’impact budgétaire et l’origine des moyens n’a pas encore été discuté, prévient d’ailleurs Philippe Mattart, chez de Cabinet chez André Antoine (CDH), ministre wallon de l’Emploi. Nous allons devoir rediscuter du financement des instances, nous ne souhaitons pas que le Forem soit la vache à lait des bassins de vie. »

Autre point que l’on peut soulever : une « interférence » possible entre les bassins et les ministres fonctionnels. Eric Buyssens, directeur du Bureau d’études de la FGTB de Bruxelles1, note d’ailleurs, outre le bon accueil de l’accord par les partenaires sociaux, que le fait que les avis et recommandations du CESRBC puissent servir de base à la liste de thématiques établie par les instances constitue « une petite révolution. Le CESRBC entre dans le jeu et va pouvoir se prononcer sur l’enseignement. C’est presque une forme de régionalisation de l’enseignement ». Une région qui, à Bruxelles, entre ainsi dans le débat « par la fenêtre », après que les intervenants aient renoncé à l’impliquer (seule la Cocof est présente) pour cause de trop grande complexité institutionnelle. « Il a d’abord été envisagé d’impliquer la Région et d’embarquer les néerlandophones, mais cela devenait très compliqué, on touchait là aux notions de zone métropolitaine, etc. », nous confirme-t-on au cabinet de Rachid Madrane (PS), en charge de la formation professionnelle à la Cocof.

Enfin, d’autres interrogations subsistent : qui sera l’« autorité » faîtière des bassins ? Le pilotage proposé de l’enseignement et de la formation ne risque-t-il pas d’être un peu « léger » lorsque l’on sait qu’il sera possible d’ouvrir une option dans un établissement scolaire ou une filière de formation ne s’inscrivant pas dans la liste des thématiques définies par les instances ? Tout au plus la création de l’option sera-t-elle alors soumise à des conditions plus contraignantes. Et pour la formation, le Forem ou Bruxelles-Formation devront justifier la création de celle-ci.

Quant aux positions des CSEF ou de la CCFEE, elles sont réservées. A la CCFEE, on nous précise qu’il n’y a pas encore d’avis officiel sur le texte. Les CSEF contactés ont pour leur part préféré ne pas se prononcer.

Share on LinkedInShare on Google+Tweet about this on TwitterShare on Facebook
sidebar fil info
Avec le soutien de
 
  • Agence Alter 57, rue Guillaume Tell – 1060 Bruxelles
  • Téléphone : +32 2 541 85 20
  • © Alter 2014