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  • Loi Peeters : gifle pour les travailleurs?

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    La Loi Peeters? «Une législation du travail moderne [qui] permet de mieux concilier travail, famille, soins et formation.» C’est le ministre qui le dit. La perception des syndicats diffère légèrement. 

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(Aide à la) jeunesse

Le bonheur selon les jeunes Hutois

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Beaucoup de monde se soucie du bien-être des jeunes. Mais, dans le fond, qui sait ce que ceux-ci désirent vraiment ? A Huy, la maison de jeunes « La Mézon » réunit les acteurs de la Jeunesse et les jeunes pour définir une vision commune du bien-être et penser les projets qui doivent permettre de tendre vers cet idéal partagé.

Quel est le point commun entre un groupe de citoyens de Tasmanie, de citadins de Bogota, d’habitants du Nord-Pas-de-Calais et de jeunes Hutois ? De l’île australienne aux hauteurs colombiennes, en passant par nos latitudes, toutes ces communautés testent la méthodologie Spiral (societal progress indicators and responsabilities for all) développée par le Conseil de l’Europe pour favoriser la participation des collectifs autour de la construction d’indicateurs communs de bien-être.

La maison de jeunes (MJ) de Huy est à l’initiative d’une table de cohésion sociale qui réunit les différents acteurs impliqués avec les jeunes sur le territoire (Infor jeunes, l’Atelier rock, deux AMO, le service prévention de la commune, un service de santé mentale, le centre culturel). En s’appropriant la méthodologie du Conseil de l’Europe, les jeunes et ceux qui s’adressent à eux doivent s’entendre sur une définition commune du bien-être. Au-delà des mots, à terme, l’objectif est d’arriver à construire un plan de cohésion jeunesse qui implique les premiers concernés et débouche sur des projets concrets sur le territoire hutois.

Conserves et participation

Au bord de la Meuse, sur la façade de la Mézon[x]1[/x], des graffitis aux messages joyeux accueillent le visiteur : « I feel good », « I love music »… À l’intérieur de la maison de jeunes, des boîtes de conserve transformées en boîtes à idées sont disséminées çà et là. Cathy Moureaux, la coordinatrice de la MJ, ne jure que par ce système simple et efficace. « Les questions relatives à l’amitié, à l’amour, au besoin de créer du lien social se retrouvent dans la plupart des messages. À l’heure de Facebook et des réseaux sociaux, il semble que les jeunes souffrent d’un grand isolement social », observe-t-elle.

La coordinatrice de la Mézon a fait de la participation du jeune public, impliqué dans le CA de l’association et la gestion des projets, un cheval de bataille. Ici, on commence dès la prime enfance. « L’an passé, on a organisé une exposition sur les métiers d’artisans avec un groupe d’enfants âgés de 8 à 14 ans. Ils ont voulu tout organiser eux-mêmes, je les ai laissés faire. Ça a pris beaucoup de temps, mais ils y sont arrivés. On a dû commencer par apprendre aux plus petits à créer une signature pour envoyer des courriers », se souvient-elle, encore amusée par l’expérience !

Cette dimension participative est également une donnée forte de la méthodologie Spiral. Si Cathy Moureaux sait qu’elle peut compter sur l’implication des jeunes de la MJ et des associations partenaires, elle craint toutefois un certain essoufflement sur la durée. Entre la phase de conceptualisation autour de la définition du bien-être et la mise en œuvre concrète des projets de cohésion sociale, on parle en mois et en années. En 2014, un forum de la jeunesse sera organisé avec la ville de Huy pour inciter les jeunes à s’impliquer dans la vie politique locale. La coordinatrice de la MJ compte profiter de ce type d’évènements pour relancer la dynamique du plan de cohésion sociale des jeunes. Pour l’occasion, des boîtes à idées géantes seront installées aux quatre coins de la ville…

S’entendre sur les mots

Dans la méthodologie Spiral, les questions de vocabulaire tiennent une place centrale. S’entendre sur les mots entre acteurs de la jeunesse et entre jeunes constitue la première étape. S’interroger sur ce que signifie réellement le bien-être, mais aussi, tous les éléments qui le composent : la santé, le revenu, la culture… « L’exemple de l’interculturalité est éclairant, cite la coordinatrice de la Mézon. Les jeunes sont toujours très demandeurs d’organiser des évènements interculturels. Mais pour les jeunes, comme pour certains acteurs de la jeunesse parfois, l’interculturalité se borne à mélanger des personnes qui viennent d’origines différentes dans un même lieu. Quand on commence l’exercice de la définition, à réfléchir sur ce que signifie réellement une culture, on se rend compte que l’interculturalité c’est beaucoup plus riche et complexe que cela, que l’on peut faire des projets interculturels avec ses voisins ou en mélangeant les générations. »

Au-delà de la dimension participative, l’autre atout majeur de la méthodologie Spiral est de partir de la construction d’un rêve commun, là où la plupart des projets se construisent comme une réponse à des problématiques identifiées. Créer à partir du positif, plutôt que du négatif devient source d’inspiration. « Dans nos sociétés, le jeune est perçu comme un être fragile, un être qu’il faut protéger contre lui-même et contre le monde extérieur. C’est une personne faible, fracturée, qui présente des manques à combler. Ici, on renverse cette vision. […] Les acteurs de la table de cohésion sociale sont issus de l’Aide à la jeunesse, du monde socioculturel et de la cohésion sociale. En fonction des secteurs, le jeune est appréhendé dans son aspect biologique, comme un être social ou dans son environnement de vie. Avec ce projet, on met tout le monde ensemble pour parler du jeune dans son entièreté, non plus comme une personne qui a à apprendre de nous, mais aussi comme une personne qui a à nous apprendre. »

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