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  • Loi Peeters : gifle pour les travailleurs?

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    La Loi Peeters? «Une législation du travail moderne [qui] permet de mieux concilier travail, famille, soins et formation.» C’est le ministre qui le dit. La perception des syndicats diffère légèrement. 

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Édito

Le bal des subventions

  • 379
  • Par Aude Garelly
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Comme beaucoup de structures, nous sommes rentrés dans l’époque des comptes et bilans. Quoi de plus normal que de justifier l’argent reçu de la puissance publique, de se faire contrôler pour notre usage des deniers publics dans une démocratie. Quoi de plus contrariant que de constater, chez Alter, que nous avons dépensé auprès de notre banque 41 000 euros de frais d’intérêts bancaires en 2 ans, parce qu’elle nous préfinance en attendant l’arrivée réelle des subventions sur notre compte. Même si notre banque est éthique et intelligente, cela veut dire que nous finançons la banque… pour qu’elle nous finance… Les pouvoirs publics, à tout niveau, doivent prendre des décisions d’affectation financière raisonnées de l’argent public. Ces décisions prennent du temps. Et les sommes promises ou dues aux associations arrivent avec 2 à 12 mois de délai sur les activités réellement mises en place… et on ne mesure que trop rarement cet effet-là.

Si on pousse plus loin et de manière très caricaturale : les citoyens payent des impôts à l’État, qui reverse l’argent aux associations, mais les associations empruntent aux banques, et donc financent les banques, qui financent les associations, qui salarient des citoyens, qui payent des impôts…

Si le monde associatif n’était pas englué par ces retards de paiement, sa capacité de répondre intelligemment aux enjeux sociaux, culturels et économiques serait décuplée.

Rappelons que ce total de 41 000 euros de frais bancaires en deux ans, c’est aussi en moyenne le coût annuel d’un chargé de mission à temps plein avec quelques années d’ancienneté dans le non-marchand. Et si chaque association de notre taille et dépendant d’autant de subsides différents que nous investissait cet argent dans ses emplois plutôt que dans des frais de dossiers bancaires, de combien de créations d’emploi le non-marchand pourrait-il encore s’enorgueillir ?

Bref. Cette tension reste souvent l’apanage des directions et des conseils d’administration. Ceux-ci, mi-rassurés par les promesses de subventions, mi-rageurs sur les délais de paiement, font le tour tous les deux mois des subventions promises ou acquises et ont des sueurs froides qu’ils n’osent exprimer à l’idée des retards de paiement à venir. Ces débats se passent dans des salles obscures et feutrées des asbl. Rarement lors des négociations avec les pouvoirs publics, parce qu’il est difficile en ces temps de disette budgétaire de se plaindre.

Pourtant, après la lettre de remerciement au ministre, un acte fort pourrait être de tirer la sonnette d’alarme. À chaque fois que les retards obligent les associations à payer des intérêts bancaires plutôt que d’investir dans les projets pour leurs publics, ces asbl perdent de leur pouvoir d’action citoyenne en éparpillant leurs moyens.

Il serait pertinent d’une part, de le signaler dans nos rapports d’activité annuels. Et d’autre part, de chiffrer au niveau du non-marchand, par secteur et par Région, le montant de ces frais pour porter ces données dans les débats préélectoraux qui foisonnent sur les enjeux du non-marchand. Mais c’est un acte difficile à poser quand les coupes budgétaires sont plus tranchantes d’année en année.

« Les citoyens payent des impôts à l’État, qui reverse l’argent aux associations, mais les associations empruntent aux banques, et donc financent les banques, qui financent les associations, qui salarient des citoyens, qui payent des impôts… »

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