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(Aide à la) jeunesse

La Mado, une maison pour les ados carolos

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  • Par Julien Winkel
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La Maison de l’adolescent de Charleroi joue un rôle d’interface entre ses partenaires, son réseau et les jeunes. But de l’opération : que ces derniers se voient offrir un suivi intégré correspondant à leurs questions. Les professionnels du secteur et les parents sont également concernés.

300 dossiers traités en 2011, 350 en 2012 et 200 déjà à la mi-2013, la Maison de l’adolescent de Charleroi voit ses actions prendre doucement de la hauteur depuis son ouverture officielle en février 2011. Si l’on en croit ces chiffres, le travail de la Mado1 (l’acronyme, puisqu’il en faut un, de la Maison de l’adolescent) répond à une demande de certains jeunes âgés de 11 à 25 ans, dont l’un d’eux se cache derrière chaque dossier ouvert. Des jeunes qui, dans leur grande majorité (80 %), n’émargent pas au public « traditionnel » de l’Aide à la jeunesse mais plutôt à la classe moyenne. « Ces jeunes sont en demande, mais s’excluaient eux-mêmes du champ de l’Aide à la jeunesse car ils ne pensaient pas en relever », explique à ce sujet Alberto Mulas, directeur général de la Mado, qui souligne également que le « ciblage » de ce public ne relève pas d’une volonté explicite. « Mais c’est un constat que nous faisons : c’est lui qui se présente en majorité dans nos services », continue-t-il.

Pas de novlangue, s’il vous plaît

Si les questions qui incitent les jeunes à pousser la porte de la Mado sont somme toute assez classiques (voir encadré), la réponse qui y est apportée est un peu plus originale et tend à prouver que la « transversalité » n’est pas qu’un concept creux de plus dans le champ si particulier de la novlangue du social. Car l’existence même de la Mado est basée sur la mise en réseau des différents intervenants, des différentes structures censées pouvoir aider le jeune. « Tout le monde est d’accord sur le fait qu’il faut travailler ensemble. Et puis on rentre chez soi et on oublie. La Mado a pour ambition d’essayer de sortir de cette logique. Il s’agit de dire : organisons une coordination réelle, rendons les choses efficaces, évitons au jeune de faire le tour de toutes les structures existantes pendant six mois avant de trouver son bonheur », précise Alberto Mulas.



Concrètement, et même si la Mado n’utilise pas ce terme-là, la structure se pose en quelque sorte en « porte d’entrée » pour le jeune en recherche d’aide, quelles que soient ses questions. Forte de ses 18 partenaires conventionnés et d’un réseau social non conventionné composé d’autres structures (voir encadré), la Maison de l’adolescent offre ainsi au jeune un suivi intégré et adapté. « Nous faisons intervenir nos partenaires, notre réseau, mais l’accroche se fait ici et le dossier reste centralisé à La Mado », explique Marjorie Henriet, coordinatrice. Un travail qui nécessite des contacts réguliers avec les partenaires, notamment par le biais de rencontres bilatérales (un comité d’accompagnement est également organisé deux fois par an), mais aussi, peut-être, un certain tact. Le secteur, parfois jaloux de son autonomie, pourrait en effet rechigner à collaborer avec la Maison de l’adolescent de peur que celle-ci ne lui fasse de l’ombre. « Il est clair que beaucoup de monde veut faire de la transversalité, mais dès qu’il s’agit d’abandonner un peu de sa liberté, c’est plus compliqué, acquiesce Alberto Mulas. Mais ici nos partenaires ont eu une réaction positive à notre démarche, tout le monde est d’accord sur le fait qu’il y avait une nécessité de faire quelque chose. Et puis nous sommes dans une démarche collective, nos partenaires sont sur le même pied que nous. » Pour notre interlocuteur, la Mado a en effet débuté son projet à « petits pas », notamment par un « réseautage » dès le début de son existence.



Quant à la nature du partenariat, elle peut aller assez loin puisque certains partenaires ont été jusqu’à décentraliser un travailleur dans les locaux de la Mado. D’autres, quant à eux, organisent le premier entretien après orientation (appelé « entretien de relais ») à la Maison de l’adolescent, même si le suivi par après peut avoir lieu dans les locaux de la structure partenaire. Cela dit, un échange d’informations sur l’évolution du dossier du jeune est toujours effectué. « Il s’agit aussi de pouvoir évaluer le suivi, voir ce qui fonctionne ou pas », explique Alberto Mulas, qui note également que ce parcours intégré permet d’opérer une sorte d’écrémage positif, notamment pour les structures partenaires : mieux orienté, le jeune a ainsi moins de chances d’« atterrir » dans une structure qui ne convient pas à son cas.

Un recours à l’interne

Mais avant d’orienter vers ses partenaires et son réseau, la Mado peut aussi tenter de trouver une solution « en interne ». Le jeune qui se présente dans ses locaux est en effet tout d’abord accueilli par un éducateur spécialisé ou un assistant social. « À ce niveau, nous pouvons avoir jusqu’à trois entretiens maximum. Certains cas, comme la conciliation familiale, sont parfois traitables à la Mado même (NDLR 1/3 des demandes sont traitées en interne), nous pouvons faire une petite médiation », note Marjorie Henriet. Dans les cas plus « compliqués », l’orientation vers les partenaires ou le réseau est alors effectuée.

On le voit donc, la Mado ne se contente pas de mettre de l’huile dans les rouages. Elle organise également, en interne, plusieurs activités, que ce soit à destination des professionnels du secteur ou des parents. Des parents qui sont d’ailleurs parfois les premiers à pousser la porte de la structure, avant de revenir avec leur jeune… ou pas. « Les parents peuvent venir nous voir seuls, ils ont aussi accès aux partenaires et au réseau », détaille Roberto Mulas qui précise qu’un groupe de parole à leur attention a également lieu une fois par mois. En ce qui concerne les professionnels du secteur, la Mado leur offre des espaces pour organiser réunions et séminaires. « Mais nous appuyons aussi la réflexion, il s’agit pour nous d’être une sorte de centrale de ressources pour les pros », enchaîne le directeur général. La Mado organise également un colloque par an, ainsi qu’une exposition culturelle tous les deux mois, « réalisée par les jeunes et qui concerne les jeunes », d’après Marjorie Henriet qui précise aussi que les colloques, conférences et le travail d’appui de la Mado permettent « à des services qui ne se parlent pas toujours de travailler ensemble sur des thématiques bien précises ».

Quoi qu’il en soit, si certains services ne se parlent pas toujours, la Mado fait parler d’elle. La structure a en effet reçu des visites en provenance de Mons, Liège, et Molenbeek-Saint-Jean pour s’inspirer du modèle…

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