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  • Loi Peeters : gifle pour les travailleurs?

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    La Loi Peeters? «Une législation du travail moderne [qui] permet de mieux concilier travail, famille, soins et formation.» C’est le ministre qui le dit. La perception des syndicats diffère légèrement. 

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Emploi et formation

Inclusion mode d’emploi

  • 381
  • Par Julien Winkel
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Être handicapé et travailler en milieu « ordinaire » à Bruxelles, c’est possible. Des aides et des services existent. Même si certains fantasmes ont la vie dure.

Les personnes handicapées constituent-elles un gisement de talents non exploités par les employeurs bruxellois ? S’il est difficile d’obtenir des chiffres pour venir étayer l’une ou l’autre réponse à cette question, tous les intervenants du secteur en conviennent : l’emploi de personnes handicapées en milieu de travail « ordinaire » reste un sujet compliqué. Thierry Conrads est administrateur fondateur de l’asbl Wheel it. L’homme qui se définit lui-même comme un « chaisard actif ». La structure qu’il a crée joue notamment le rôle de plate-forme permettant, grâce à son site internet, la rencontre entre le curriculum vitae de personnes handicapées et des offres d’emploi en provenance d’entreprises. Pour notre homme, le constat est clair. « L’imagerie des handicapés véhiculée au sein de notre société est en général assez misérabiliste. En gros, c’est celle du pauvre type spectateur de sa vie et que l’on doit aider. » Les conséquences de ce véritable « habitus » seraient nombreuses.

Thierry Conrads pointe une série de fantasmes et de craintes qui travailleraient certains employeurs au corps. « Nous vivons dans une société où les handicapés sont peu visibles, et où l’on a peur de ce que l’on ne voit pas. Les employeurs sont peu informés, et la seule image que certains d’entre eux ont, c’est une image dramatique. Ils pensent qu’en engageant un handicapé, ils vont engager le handicap, et pas les compétences de la personne. Ce qui peut amener certains à évacuer, consciemment ou inconsciemment, ce “groupe” de travailleurs handicapés lors de leur recrutement. » Un constat que l’on retrouve également du côté de Beci (Brussels entreprises, commerce and industry), où Jan De Brabanter, son administrateur délégué, note que beaucoup de responsables de ressources humaines craignent des complications : jours de maladie ou d’absence supposés plus nombreux,  complexité administrative préjugée.

Handicap et compétences

Pour faire face à cette situation, Wheel it organise une formation à l’intention des employeurs. But de l’opération : les entendre et les rassurer.
« Nous sommes là presque plus pour “défendre” l’entreprise face au handicap que l’inverse, continue Thierry Conrads. Il s’agit de dire que compétences et handicap ne sont pas incompatibles. Les employeurs ont besoin de compétences, pas de handicap. Une personne handicapée ne se définit d’ailleurs pas par celui-ci. Et une fois qu’un éventuel aménagement a été fait pour la recevoir, c’est une employée comme une autre. »

Du côté de Beci, on fait remarquer qu’un Livre blanc de la diversité – élaboré en collaboration avec les entreprises – est en préparation. Ce texte prendra notamment en compte la question du handicap. Ce qui n’allait pas de soi au début. « Il existe une tendance à considérer que la diversité concerne les personnes d’origine étrangère et, dans un second temps, la parité homme/femme. Or, il s’agit aussi des personnes handicapées », note Jan De Brabanter. D’après l’administrateur délégué, le Livre blanc devrait permettre à Beci de s’adresser aux politiques pour leur demander de mettre en place des services destinés à informer les entreprises en ce qui concerne la question du handicap.

Pool H

Détail cocasse : un service de ce type existe déjà à Bruxelles. Mais, admettons-le, il est plutôt jeune. Il a été lancé officiellement le 12 mars 2014 par Céline Fremault (cdH), ministre bruxelloise de l’Emploi, et Évelyne Huytebroeck (Écolo), ministre Cocof de l’Aide à la personne handicapée. Son nom : Pool H. Institué au sein de la cellule diversité d’Actiris, Pool H est pour l’heure un projet pilote d’un an. « Son objectif est de servir d’interface au service des entreprises, principalement celles qui n’ont jamais travaillé avec une personne handicapée, explique Michaël Lans, consultant diversité au Pool H. L’idée est d’avoir un point de contact unique pour toutes leurs questions relatives à l’emploi et au handicap. »

Notons que le Pool H va plus loin, car il propose également des rencontres en face-à-face avec les employeurs pour répondre à leurs questions. Des employeurs qui sont aussi contactés de manière proactive histoire de faire connaître Pool H : une brochure intitulée « Handi-cap-emploi » a été envoyée à 3 500 d’entre eux. Une fois le contact établi, Pool H peut orienter les entreprises vers une série de partenaires sensibilisés à la question. Parmi eux, des missions locales, la Ligue Braille, l’enseignement spécialisé, des services œuvrant à l’aménagement de postes de travail… ou encore Phare (Personne handicapée, autonomie recherchée). Ce service de la Cocof propose notamment une série d’aides à l’emploi aux personnes handicapées domiciliées en Région de Bruxelles-Capitale (voir encadré). « L’idée est de faire tomber au maximum les barrières à l’engagement que les employeurs pourraient voir », explique Étienne Lombart, agent Cocof chez Phare. Notons que ces aides, existantes depuis un certain temps, sont reprises dans la mouture du nouveau décret inclusion de la Cocof. Sans changements. « Ces aides à l’emploi sont adéquates », explique Véronique Gailly, directrice de Phare. Reste à les faire connaître, ce à quoi le service semble s’employer actuellement…

 

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