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  • Loi Peeters : gifle pour les travailleurs?

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    La Loi Peeters? «Une législation du travail moderne [qui] permet de mieux concilier travail, famille, soins et formation.» C’est le ministre qui le dit. La perception des syndicats diffère légèrement. 

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Édito

Fautif

  • 360
  • Par Baudouin Massart
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Il est souvent plus confortable de chercher le « fautif » que d’améliorer les choses. C’est effectivement une position très confortable qui permet de justifier son inaction.

Premiers « fautifs », dont nous parlons très souvent dans nos pages : les précaires. Ils se mettent effectivement parfois en marge de la loi : loyers impayés, créances impayées, fraude sociale… Bien vite, on les pointe du doigt comme « fautifs » et responsables de leur situation. Entre autres, lors de jugements, où ils sont condamnés par défaut. Prendre le temps de comprendre comment ils en sont arrivés là n’est apparemment pas la priorité. Alors que cette descente aux enfers des précaires résulte le plus souvent du (dys)fonctionnement de nos sociétés. Et que les fautes commises ne sont que la conséquence de « stratégies de survie » pour reprendre l’expression de Christine Mahy, secrétaire générale du Réseau wallon de la lutte contre la pauvreté et présidente du Réseau belge de lutte contre la pauvreté. Les gens « trichent » avec le système pour survivre. Parce qu’ils n’ont plus d’autres choix pour s’abriter, manger, assurer la protection de leurs enfants et subvenir à leurs besoins vitaux.

Ce qui nous amène au deuxième « fautif », très souvent pointé du doigt lui aussi, l’Etat. L’Etat, responsable de tous les maux. Prenons, par exemple, un récent communiqué de Creamoda, l’association professionnelle des entreprises actives dans la mode et l’habillement ou dans la confection en Belgique. La fédération s’est fendue le 2 mai dernier d’un communiqué où elle déplorait la tragédie survenue au Bangladesh : l’effondrement d’un immeuble du secteur textile ayant entraîné la mort de plus de 1 000 personnes. Tout en déplorant l’irresponsabilité sociale et le profit à tout prix, le communiqué en arrivait à pointer le responsable de cette dérive : le coût salarial en Belgique. Bon sang, mais c’est bien sûr ! Des décisions prises au niveau de l’Etat belge ont entraîné l’effondrement d’un immeuble à plusieurs milliers de kilomètres de là. L’effet papillon sans doute.

Enfin, last but no least, le troisième fautif, c’est le citoyen. Il a le salaire qu’il mérite, les élus qu’ils méritent, le système qu’il mérite, et bien d’autres choses encore. Combien de fois n’a-t-on pas entendu l’expression : « Oui, mais, ça, le citoyen n’est pas prêt à ça. » Magnifique expression qui permet d’éviter de prendre de décisions et de se contenter d’un consensus mou qui n’apporte pas beaucoup de changement. En fait, si rien n’avance, s’il est impossible de faire bouger les choses, d’impulser du changement, c’est la faute du citoyen. Surtout, ne prenons pas de risques. L’inertie avant tout. Dans la rediffusion d’un reportage RTBF sur l’impact sur la santé de l’huile de palme, un dirigeant d’une margarinerie belge répondait que vu qu’il n’avait pas de réclamations de clients, il n’avait pas de raison de cesser d’utiliser ce produit alimentaire. En d’autres termes, si le citoyen mange toxique, c’est sa faute.

Ce qui confirme notre postulat de départ : il est souvent plus facile d’identifier un fautif que de porter le changement.

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