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  • Loi Peeters : gifle pour les travailleurs?

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    La Loi Peeters? «Une législation du travail moderne [qui] permet de mieux concilier travail, famille, soins et formation.» C’est le ministre qui le dit. La perception des syndicats diffère légèrement. 

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Carte blanche

Difficile engagement politique

  • 381
  • Par Shahin Mohammad-Lagneau
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Fatiha Metioui travaille à Alpha-Signes, une association bruxelloise de formation en langue des signes. Elle est aussi conseillère communale PS à Berchem-Sainte-Agathe. Elle est sourde. Nous l’avons rencontrée pour évoquer l’engagement citoyen des personnes porteuses de handicap. L’occasion de revenir sur les résultats de son premier mandat et d’aborder la question de l’accessibilité de la politique. Une carte blanche signée Shahin Mohammad-Lagneau, chargée de communication au Collectif recherche et expression (Cree).

La problématique de l’engagement citoyen, voire politique, est l’une des préoccupations du Cree. En regard de sa mission de service jeunesse, le Cree encourage les jeunes à devenir des citoyens responsables actifs critiques et solidaires (Cracs). Il a donc souhaité promouvoir les élections du Conseil de la jeunesse auprès de son public de jeunes sourds. La candidature de trois jeunes sourds a été soutenue et une jeune fille a été élue au sein de l’AG du Conseil pour un mandat de deux ans.

Malgré la présence d’une interprète au sein des réunions du Conseil et les débats intéressants, les questions liées à l’accessibilité des personnes sourdes (et handicapées) dans leur participation citoyenne n’ont pas vraiment été prises en compte. S’agissant d’une minorité – la communauté sourde –, ses besoins ne sont pas souvent compris, par méconnaissance de ses spécificités.

Le fait est que les questions liées au handicap ne semblent pas se situer au cœur du débat en général, que ce soit au plan de la politique fédérale, régionale ou communautaire en Belgique. Quand on parle du handicap, on met tous les handicaps dans le même sac, en ne priorisant pas les besoins spécifiques de chacun.

Le manque d’accès à l’information exclut les personnes sourdes des débats de société. L’ensemble de l’information n’est pas traduit en langue des signes, les débats d’actualité à la télévision ne sont pas tous sous-titrés. Les services dont bénéficient d’autres citoyens, comme les numéros d’appel d’urgence, ne sont pas non plus accessibles; ils doivent constamment être remplacés par des textos ou un contact privilégié par un autre moyen visuel (langue des signes, codes…).

Même si on compte des avancées, beaucoup d’efforts restent à faire pour inclure les personnes sourdes, en Belgique, dans toutes les strates de la vie sociale, économique, politique, académique, etc.

Les élus sourds ne sont pas légion au sein du paysage politique francophone. Pourtant, avec un minimum d’inclusion, de respect et une diffusion large de la langue des signes – pourtant reconnue depuis 2003 par le parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles – au sein des institutions publiques et privées, un enseignement bilingue garanti dans un minimum d’écoles au sein de la FWB, une ouverture d’esprit et une sensibilisation quant à la communication, les personnes sourdes bénéficieraient d’une plus grande accessibilité, leur garantissant l’accomplissement de leurs droits et de leurs devoirs de citoyens.

Le Cree souhaite se positionner par rapport à un vrai débat de société, considérant la place que doivent prendre les personnes sourdes au sein de celle-ci. Participer en ayant la garantie que la voix des personnes sourdes est respectée et surtout qu’elles aient la possibilité de faire entendre leurs droits d’êtres humains avant tout. C’est pourquoi, avant de soutenir à nouveau les candidatures prochaines de jeunes sourds au sein d’institutions telles que le Conseil de la jeunesse, nous souhaitons qu’une prise de conscience réelle sur l’accessibilité des personnes sourdes et l’exercice de leurs droits (et devoirs) se concrétise.

En guise de conclusion, retenons cette phrase : « Un handicapé n’existe que dans une société qui accepte la division entre forts et faibles. Refuser cela, qui n’est autre que la barbarie, c’est refuser le quadrillage, la sélection inhérente au capitalisme » (1).

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