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Logement et territoires

« Déconcertation » : lumière crue sur la participation locale

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  • Par Thomas Lemaigre
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Le réaménagement de la Rive gauche à Charleroi, le centre commercial Just under the Sky le long du canal à Laeken ou la gare Calatrava à Liège sont autant de projets d’investissement public et privé qui charrient leur lot de conflits et d’arbitrages. Les espèces de concertations mises en place dans ces champs de force par les élus et les promoteurs sont des exercices participatifs périlleux. S’y heurtent les logiques et les intérêts des détenteurs du pouvoir et le monde vécu des habitants, riverains et usagers. Une réalité bien connue, mais pourtant pas facile à montrer

C’est justement ce que met en scène le documentaire français « Déconcertation », de Béatrice Dubell et Romain Goujon. Sorti fin novembre, il est littéralement une reconstitution des séances de concertation appelées par un vaste projet lyonnais de centre « commercial et de loisirs » sur le site désaffecté d’une usine de soie artificielle. Alors que le centre a aujourd’hui ouvert ses portes, l’Atelier de cinéma populaire « Grand ensemble » a réuni une partie des participants à ces réunions et quelques acteurs pour monter un documentaire qui reconstitue trois séances d’une quinzaine de minutes : la présentation à la population d’un schéma d’aménagement ; la présentation du préprojet sélectionné par l’autorité locale ; et enfin la présentation par le promoteur de son projet finalisé.

Tout est fin dans ce travail de fiction/reconstitution : la qualité des dialogues, la diversité des profils et rôles en présence les uns des autres, les détails non verbaux et échanges informels. Le propos est à la fois complètement vivant et incarné et, en même temps, sa portée est complètement dégagée des particularismes locaux de son contexte. On y voit ainsi de façon quasi chirurgicale le choc des langages, des intérêts et des logiques d’action, la construction en direct des malentendus, la langue de bois comme bouée de sauvetage et comme violence dénégatrice des histoires individuelles et collectives, et puis peut-être surtout la quasi-impossibilité de faire de la démocratie quand l’Etat se confronte sans médiation sérieuse à des groupes composés d’individus atomisés.

Reality chaud

Alors qu’a priori le sujet est pour le moins austère, une vraie tension dramatique est installée de la première à la dernière minute. Elle naît du mélange de deux ingrédients : la violence feutrée de la situation, et le fait que, oui, dans la plupart des cas, ce type de rencontre se déroule exactement comme ce qui nous est montré. On est bien ici à l’opposé de la politique-fiction.

Le propos de « Déconcertation » peut donc sans mal aucun être transposé à tous les exercices du même genre qui ont cours ailleurs, en tout cas en France et en Belgique. Et pas seulement dans le contexte de la revitalisation urbaine sur fond de gentrification : chaque fois qu’une autorité locale invite une population qu’elle veut écouter à propos d’un point qui touche à l’organisation du vivre ensemble.

Autrement dit, un formidable support pour la pédagogie des enjeux, voire pour l’analyse a priori ou a posteriori de la participation citoyenne locale, pour sa préparation et pour son débriefing. Le film tourne d’ailleurs en France depuis cet automne dans des associations de quartier, des maisons de la culture, etc. Et vraisemblablement en Belgique en septembre, Alter Echos vous tiendra au courant.

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