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  • Loi Peeters : gifle pour les travailleurs?

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    La Loi Peeters? «Une législation du travail moderne [qui] permet de mieux concilier travail, famille, soins et formation.» C’est le ministre qui le dit. La perception des syndicats diffère légèrement. 

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Logement et territoires

De l’utilité d’une définition…

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Si tout le monde s’entend sur la nécessité de lutter contre la précarité énergétique, les avis divergent quand il s’agit de caractériser ce phénomène. Le définir précisément permettrait pourtant de fixer des objectifs lisibles et visibles. Et de mesurer les progrès accomplis.

Évolution des plans de paiement, informations sur le statut de client protégé, courbe des tarifs… Rapports, études et statistiques ne manquent pas pour souligner l’ampleur prise par la problématique de l’accès à l’énergie. Difficile pourtant d’extraire de cette montagne d’informations un chiffre unique, parlant, sur le nombre de personnes vivant en situation de précarité énergétique aujourd’hui en Belgique ou en Europe. Tant sur le plan national qu’européen, il n’existe pas de définition unanime. La Commission européenne reconnaît l’énergie comme un « besoin essentiel » et le terme précarité énergétique se retrouve émaillé dans une série de textes européens. Mais c’est au niveau des États membres que les critères pour la mesurer sont fixés.

Le Royaume-Uni fait figure de pionnier dans l’étude du phénomène. Au début des années 90, des chercheurs britanniques ont défini le concept de « fuel poverty » comme une situation dans laquelle un ménage consacre plus de 10 % de son revenu pour se chauffer de façon adéquate, soit une température de 21 degrés pour les pièces de vie principales. À l’époque, un ménage anglais moyen consacrait 5 % de son revenu à ses dépenses de chauffage. Dans la même veine, le projet « European fuel poverty and energy efficiency », souvent cité comme référence, définit la pauvreté énergétique comme la difficulté, voire l’incapacité, d’atteindre une température correcte à un coût supportable.

Jauger ou juger ?

Ces définitions, fondées sur la facture de chauffage, ont le mérite d’être pragmatiques. Mais elles sous-estiment le phénomène de précarité énergétique puisque les personnes qui limitent leur consommation n’entrent pas en ligne de compte. « On passe ainsi à côté de situations où des personnes se mettent volontairement dans des situations d’inconfort, voire mettent leur santé en péril par manque de moyens financiers », avertit François Grevisse, chercheur à la Fédération des services sociaux (FdSS). Par ailleurs, comment définir un élément aussi personnel que la température de confort ? Ne diffère-t-elle pas sensiblement en fonction que l’on se place du point de vue d’un jeune célibataire endurci, d’une veille dame frileuse ou d’un couple avec un jeune bébé ? Pourquoi se borner au chauffage quand tant d’autres besoins reposent sur une source d’énergie pour être rencontrés ? Quid de l’électricité nécessaire à l’éclairage, au fonctionnement de nos appareils ménagers, à l’utilisation d’un ordinateur ? Tant qu’on y est, pourquoi ne pas élargir la question de la précarité énergétique au carburant nécessaire pour remplir le réservoir de sa voiture ? On sait l’enjeu que la mobilité revêt en termes d’accès à l’emploi…

La définition de la précarité énergétique se heurte aux mêmes difficultés que la définition de la pauvreté tout court. Soit on se situe dans une approche pratique, quantifiable, qui peut difficilement tenir compte de la diversité des situations. Soit on opte pour une définition plus centrée sur la notion de dignité humaine. Avec tout ce que cela entraîne comme subjectivité.

En Belgique, on estime que 14,6 % de la population vit sous le seuil de risque de pauvreté. On peut s’attendre à ce que les caractéristiques des personnes en situation de pauvreté énergétique suivent, dans les grandes lignes, celles de personnes en situation de pauvreté. Les familles monoparentales, les femmes, les jeunes, les personnes âgées, si l’on suit cette logique, devraient faire l’objet d’une attention spécifique. « L’énergie représente-t-elle une problématique telle qu’il faille en faire une dimension séparée ? s’interroge François Grevisse. En faire un concept à part représente surtout un intérêt en termes de communication. Cela permet de fixer un objectif clair, avec des indicateurs lisibles et des progrès mesurables, conclut le chercheur. »

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