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  • Loi Peeters : gifle pour les travailleurs?

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    La Loi Peeters? «Une législation du travail moderne [qui] permet de mieux concilier travail, famille, soins et formation.» C’est le ministre qui le dit. La perception des syndicats diffère légèrement. 

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Emploi et formation

De l’expérience à revendre ? Reprenez vos études !

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  • Par Julien Winkel
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Renouer avec les études en haute école et se voir dispensé de certains cours – voire de baccalauréat – sur la base de son expérience? C’est possible, grâce à la validation des acquis de l’expérience (VAE).

Jusqu’à il y a quelques années, Alice Willox travaillait en tant qu’animatrice, notamment dans le secteur de la psychiatrie adulte. Aujourd’hui, elle est déléguée à la communication sociopolitique chez Bruxelles Laïque. Derrière ce nouveau titre un peu plus ronflant se cache aussi un changement barémique pour la jeune femme. Et un diplôme de plus. Porteuse naguère d’un «simple» diplôme de l’enseignement secondaire en technique de qualification, Alice Willox est aujourd’hui titulaire d’un master en ingénierie et action sociale qui lui a permis de décrocher son nouvel emploi.

Pour effectuer ce grand saut, elle a notamment pu bénéficier d’une mesure dont on parle encore peu : la valorisation des acquis de l’expérience en haute école. Une situation qui pourrait néanmoins changer puisque la VAE comme on l’appelle (voir encadré) bénéficie actuellement d’une campagne de communication menée tambour battant.

Une histoire de dossier

C’est en 2007 que tout commence pour les hautes écoles de la Communauté française. À cette époque, elles remettent un projet au Fonds social européen. But de l’opération : créer un dispositif de valorisation des acquis de l’expérience qui leur soit commun, afin d’éviter toute concurrence stérile entre les différents établissements. Une cellule «interréseaux» est mise en place afin de piloter le processus.

Mais qu’est-ce que la valorisation des acquis de l’expérience? Grosso modo, elle permet à une personne de faire reconnaître son expérience – professionnelle, acquise lors d’un stage, d’une formation ou dans la vie de tous les jours – dans le cadre d’une reprise d’études en haute école. Et ainsi de «sauter» une partie des cours. «On peut dire qu’il existe deux types de VAE : celle qui permet d’obtenir des dispenses de cours, et une autre qui permet d’avoir accès directement au deuxième cycle, c’est-à-dire au master», explique Francine Kinet, conseillère VAE interréseaux. C’est le cas d’Alice Willox, qui a ainsi pu se passer de trois années de baccalauréat. Et entrer directement en master. «C’était important pour moi de pouvoir faire ce saut, explique Alice Willox. Eu égard à mon parcours professionnel, le contenu des cours de bachelier ne m’intéressait pas. Il y avait aussi le fait de se retrouver avec des jeunes de 18 ans qui ne savent pas trop ce qu’ils veulent faire.» Attention : dans ce cas bien précis, Alice Willox a dû passer un examen d’entrée. Et suivre quelques cours en plus lors du premier semestre. Il n’empêche, malgré la lourdeur de la tâche – Alice a continué à travailler à 3/5 temps à côté de ses études – la jeune femme a mené ses deux années de master à bien. «Pour moi, cela a fonctionné», souligne-t-elle.

Avant cela, comme tout «prétendant» à la VAE, elle a cependant dû se constituer un dossier attestant de son parcours, et de l’expérience acquise. En valorisant un minimum de cinq années d’expérience utile. Si, dans son cas, Alice Willox dit avoir dû se débrouiller seule pour composer son dossier, Francine Kinet l’affirme : aujourd’hui, chaque haute école dispose d’un conseiller VAE censé aider les futurs étudiants à constituer leur dossier. «C’est un travail fastidieux, une bonne aide n’est pas de trop, détaille-t-elle. Nous conseillons d’ailleurs aux candidats à la VAE de s’y prendre tôt. Récolter les preuves prend parfois du temps.»

Une fois le dossier constitué, un jury composé de professeurs, de coordinateurs de sections et de professionnels remet un avis. Avant que, sur cette base, le collège de direction de la haute école ne prenne une décision. Détail important : cette décision n’est valable que pour la haute école qui la prend. Il est donc hors de question pour le futur étudiant d’obtenir un avis positif dans un établissement… et d’aller faire ses études dans un autre. Un point un peu étrange alors que les hautes écoles ont mis sur pied un dispositif de VAE commun? «Il faudrait peut-être également harmoniser cela, concède Francine Kinet. Mais nous devrions alors créer un jury ‘externe’ aux écoles, ce qui pourrait peut-être poser certains problèmes d’‘appropriation’, pour certaines écoles, des décisions prises par ce jury.»

Validation vs cours magistral?

Des résistances existeraient-elles donc au sein des écoles vis-à-vis de la VAE? Francine Kinet n’ira pas jusque-là mais admet qu’il «a fallu construire le dispositif et obtenir l’adhésion des équipes des établissements. Il n’était pas toujours évident pour certains d’accepter que l’expérience vienne remplacer un cours magistral».

Ce temps nécessaire à la construction du dispositif explique aussi pourquoi une communication soutenue s’est mise en place aujourd’hui en ce qui concerne la VAE en haute école. «Nous avons reçu les premiers dossiers en 2010, mais les écoles n’ont pas voulu tout de suite mettre l’accent sur la valorisation des acquis de l’expérience. Il fallait roder le système et montrer que les personnes qui y avaient recours étaient capables de se débrouiller par la suite», explique Francine Kinet. Aujourd’hui, le pas semble franchi. Avant d’aller plus loin? La prochaine programmation 2014-2020 du FSE pourrait peut-être permettre de le faire. En construisant notamment des ponts, voire une harmonisation, avec les universités ou l’enseignement de promotion sociale, où la VAE est également possible? «La Communauté française le demande en tout cas, et c’est ce que nous allons essayer de faire», explique Francine Kinet.

Une autre tâche importante sera de mieux faire connaître la VAE, notamment auprès de certains opérateurs comme le Forem, Actiris, les missions locales ou régionales. «On nous connaît, mais les logiques sont différentes. Beaucoup d’opérateurs tentent de remettre les gens au boulot le plus vite possible. Alors que nous sommes sur une temporalité plus longue», conclut Francine Kinet.

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