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  • Loi Peeters : gifle pour les travailleurs?

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    La Loi Peeters? «Une législation du travail moderne [qui] permet de mieux concilier travail, famille, soins et formation.» C’est le ministre qui le dit. La perception des syndicats diffère légèrement. 

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(Aide à la) jeunesse

CLAJ : La question du sens

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  • Par Pascale Meunier
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La Coordination des lieux d’animation de jeunes (CLAJ) réunit régulièrement les intervenants des Marolles pour mener actions et réflexions autour des 8-26 ans.

Le quartier populaire des Marolles à Bruxelles compte une quantité impressionnante d’associations. Depuis vingt-cinq ans, la plupart d’entre elles sont regroupées sous la coupole d’une asbl, la Coordination sociale des Marolles, d’où naissent nombre de réflexions et de dynamiques. C’est de là également qu’est issue la CLAJ1 qui vise plus particulièrement les 8-26 ans. Son responsable, Pierre Evrard, explique les ressorts et les enjeux de cette plate-forme d’actions et de réflexions communes.

La CLAJ est un lieu où s’agencent des actions à l’échelle du quartier, comme ce fut le cas autour d’un projet de santé notamment. « On s’était rendu compte que plusieurs aspects de la question étaient traités par différentes personnes, relate Pierre Evrard. L’une abordait la malbouffe, une autre l’alimentation durable, une autre encore le tri sélectif des déchets ou la sensibilisation à l’environnement de manière large. En rassemblant toutes ces initiatives, nous avons pu proposer six ou sept types d’animations différentes au cours de la même journée à différents endroits. »

À une autre occasion, c’est la diversité culturelle – le quartier abrite 146 nationalités différentes – qui a été le thème de cette organisation collégiale. Durant deux semaines, les associations ont contribué à étoffer un programme commun : exposition de peinture, jeux pour les enfants, repas, collecte de sang, présentation des différentes cultures, chacun y concourant de sa spécificité. Ce travail de concertation est particulièrement visible lors des vacances et des congés scolaires car la CLAJ édite une brochure présentant toutes les activités du quartier.

Les efforts de chacun convergeant vers un résultat commun, le public s’y retrouve, n’ayant plus à opérer de choix entre plusieurs propositions concomitantes.

Concertation et réflexion

À raison de deux heures par mois, les réunions de la CLAJ s’ouvrent d’ailleurs par un moment d’information sur les actions menées ou en projet dans les différents centres. « Cela permet d’éviter les couacs comme des doublons car nous savons que notre public tourne d’institution en institution, qu’il choisit ses activités. Quelqu’un qui aime le minifoot peut en faire tous les soirs en passant d’un organisateur à l’autre ! »

Les réunions sont aussi l’occasion de parler de ces jeunes que chacun connaît forcément. « Que fait-on par exemple quand un jeune est mis à la porte d’un centre durant quelque temps parce qu’il a fait une connerie et qu’il vient se réfugier dans le mien ? Pédagogiquement, comment est-ce qu’on gère les interdits et les sanctions ? »

La CLAJ traite aussi une série de thématiques liées aux pratiques professionnelles dans les asbl, par exemple ce souci d’un travailleur social qui n’arrivait pas à « mixer ses grands »… « C’est quoi la définition d’un grand ? On s’est rapidement aperçu que, professionnellement, on n’avait pas le même vocabulaire. Cela a engendré une réflexion sur le vocable qui a été développée pendant trois séances pour revenir ensuite à la question pratique de départ et à la notion, très large, de mixité sur laquelle le groupe a aussi planché pendant une année », explique le responsable de la CLAJ.

La Coordination fait également le pont avec les pouvoirs subsidiants, elle informe ses membres des appels à projets en cours, rappelle les dates de clôture des dossiers, etc. « Quand les sujets abordés sont trop lourds, on les externalise des réunions mensuelles pour ne pas phagocyter le temps avec un sujet qui n’intéresse pas toujours tout le monde. »

Des hauts et des bas

Tout à l’air d’aller comme sur des roulettes. Pourtant la CLAJ a battu de l’aile pendant quelque temps. « Je l’avoue, j’ai eu peu de temps pour m’en occuper, dit Pierre Evrard. C’est comme avec les jeunes : il y a un intérêt très important puis une descente d’adrénaline après un projet. S’il n’est pas suivi d’un autre aussi intéressant, les gens se mettent en stand-by… » Désaffection des réunions, manque de motivation ou d’intérêt, trop de sollicitations aussi. Un coup de sonde de la base en a éclairé les causes. « Un des membres m’a expliqué qu’il ne voulait plus perdre son temps, les lieux de rencontre et de coordination se multiplient. De plus en plus, les intervenants sont assaillis de demandes. Ils veulent bien venir à partir du moment où cela a du sens. » Le sens ! Pierre Evrard a senti ce jour-là qu’il mettait le doigt sur ce qui ferait redémarrer la CLAJ.

« Nous avons fait appel à un service d’éducation et de formation du quartier pour travailler le sens avec les animateurs. Première réunion : 17 personnes ! » La réflexion sur le sens s’est appuyée sur le diagnostic social, sur l’analyse du public, sur les besoins et les attentes des jeunes pour orienter leurs actions, bref sur l’étude que chaque institution est amenée régulièrement à faire dans son coin. « Tout le monde n’avait pas le même outil, constate le responsable. Avec les membres de la CLAJ, on a réfléchi ensemble au sens de l’action professionnelle. Tous sont dans le même quartier, tous apportent une plus-value à la jeunesse qui peut être complémentaire et pas seulement en concurrence comme ils l’évoquent souvent. » Quand la CLAJ fonctionne le mieux, c’est quand elle traite de questions qui remontent du terrain. « Si j’apporte moi-même des sujets – ça fait partie de mon travail – je constate que la portée n’est pas la même, que le résultat ne sera pas nécessairement utilisé. Quand cela vient des membres, ils veulent une réponse. Non seulement ils la construisent ensemble mais ils construisent aussi l’outil qui va leur permettre de la transmettre à d’autres. »

Quel est l’impact de la CLAJ sur les jeunes et sur le quartier ? « Difficile à dire, c’est un travail de seconde ligne. En revanche, est-ce que la coordination a appris aux associations et aux professionnels à travailler ensemble ? La réponse est oui. Je vois que les gens se côtoient plus qu’avant », dit Pierre Evrard. Et demain ? « Je ne peux pas dire ce que la CLAJ sera dans cinq ans, elle n’est jamais que le reflet de ceux qui s’investissent… mais je pense qu’elle ne pourra jamais vivre seule sans la Coordination sociale. Ceux qui viennent à la CLAJ la fréquentent aussi mais pas pour les mêmes raisons, on n’y échange pas le même type d’infos. C’est là que les grands débats se tiennent tandis qu’à la CLAJ les réflexions portent sur un public plus réduit, ce qui nous permet peut-être aussi d’aller plus loin. »

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