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    La Loi Peeters? «Une législation du travail moderne [qui] permet de mieux concilier travail, famille, soins et formation.» C’est le ministre qui le dit. La perception des syndicats diffère légèrement. 

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Emploi et formation

Chômage des jeunes : l’Europe s’agite

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  • Par Eric Ravenne
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Le chômage des jeunes est en passe de devenir la priorité numéro un de l’UE. La « Garantie pour la jeunesse », annoncée il y a peu, suffira-t-elle à résoudre le problème ?

A ceux qui feindraient d’ignorer les proportions astronomiques atteintes par le chômage des jeunes, les printemps arabes et désormais turc administrent une sérieuse piqûre de rappel. Partout sur le pourtour de l’Europe, des jeunes gens démobilisés montent aux barricades. L’objet des révoltes varie d’un pays à l’autre. Mais en toile de fond, partout, les débouchés inexistants nourrissent la rancœur et l’insurrection.

Toute forteresse qu’elle est, l’Europe n’est pas à l’abri. Le chômage des jeunes y est parfois même plus élevé : plus de 60 % des moins de 25 ans sont sans emploi en Grèce, ils sont 55 % en Espagne et environ 40 % en Italie et au Portugal.

Plus possible d’ignorer cet éléphant dans la salle du Conseil européen. L’emploi des jeunes est en passe de devenir la priorité numéro un des chefs d’Etat et de gouvernement. Le prochain sommet (les 27 et 28 juin) y sera partiellement consacré, avant une réunion spéciale des ministres du Travail sur le sujet le 3 juillet à Berlin, pilotée au plus haut niveau, par Angela Merkel. A quelques mois des élections, celle-ci ne veut plus passer pour la Dame de fer de l’Europe. Et pour cause : la cure d’austérité imposée au sud du continent était une idée très mal inspirée – et cela commence à se savoir. Même le FMI le reconnaît désormais ouvertement. En outre, à Berlin, on commence à s’inquiéter sérieusement du sentiment anti-allemand en vogue. Il ne se passe plus une semaine sans qu’un journal publie une photo d’Angela Merkel affublée d’un uniforme nazi.

L’heure est donc à l’adoucissement, si pas sur le fond, au moins sur la forme. Mais y a-t-il du concret derrière cette activité politique et médiatique intensive ? A l’examen des mesures, on peine à trouver de quoi rassurer les jeunes d’une génération « sacrifiée ».

Une « guarantee » pas vraiment garantie

La mesure emblématique est la « garantie pour la jeunesse », adoptée par les ministres de l’Emploi le 28 févier. L’idée est positive : généraliser à toute l’Union un modèle qui a bien fonctionné au nord de l’Europe. Il s’agit de garantir légalement à tous les jeunes en dessous d’un certain âge le droit à un emploi, à un stage ou à une formation. Objectif : empêcher les jeunes de passer de nombreux mois dans l’inactivité, l’une des causes structurelles du chômage. Cette ambition est d’autant plus adéquate que plus de 12 % des jeunes Européens végètent dans la catégorie des NEET (Not in Education, Employment or Training).

Les problèmes débutent à l’heure de l’addition. Le Bureau international du Travail chiffre à 21 milliards d’euros le coût d’une garantie pour la seule zone euro. Or, les 27 et le Parlement européen peinent à s’entendre sur un budget qui prévoirait une enveloppe de six milliards pour toute l’Union entre 2014 et 2020. Le décalage entre postures et réalité est à son comble en ce second semestre 2013 : François Hollande avait exigé qu’on anticipe d’un an les paiements de l’enveloppe de six milliards, histoire d’agir vite. Mais le commissaire européen au Budget, Janusz Lewandowski, vient d’annoncer qu’il n’avait tout simplement pas de quoi avancer l’argent. L’aide à l’emploi des jeunes, tout comme les fonds envisagés pour les réfugiés syriens attendront. Ce n’est qu’à partir de l’an prochain que certaines régions (celles où le chômage des jeunes est supérieur à 25 %) pourront compter sur des fonds européens pour financer la formation.

Malgré ce démarrage tardif, certains Etats membres s’inspirent déjà du modèle de la « garantie ». Ainsi, en Région bruxelloise, Actiris compte passer des « pactes » avec 6000 demandeurs d’emploi de moins de 30 ans, à partir de la rentrée. L’agence bruxelloise s’engage à leur trouver une solution dans les six mois de leur inscription au chômage. Elle prévoit 3000 formations, 2000 stages rémunérés et 1000 mises à l’emploi.

Nouveau souffle ou recyclage de programmes existants ? Pas facile de le déterminer. Les organisations de jeunes ne prennent en tout cas pas les promesses pour argent comptant. « Ce dont nous avons besoin, c’est d’une garantie pour la jeunesse qui ne soit pas qu’un mot pour labelliser des politiques ou des fonds existants, mais qui constitue un investissement substantiel pour former les jeunes et les amener sur le marché du travail », affirme Peter Matjasic, le président du Forum européen de la Jeunesse1.

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