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  • Loi Peeters : gifle pour les travailleurs?

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    La Loi Peeters? «Une législation du travail moderne [qui] permet de mieux concilier travail, famille, soins et formation.» C’est le ministre qui le dit. La perception des syndicats diffère légèrement. 

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(Aide à la) jeunesse

CAAJ de Verviers : regard dans le rétroviseur

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  • Par Pascale Meunier
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Jean-Michel Lex termine son mandat de président du CAAJ. Un mandat durant lequel il a eu à cœur de rapprocher les différents services de son arrondissement.

Alter Échos (A.E.) : À Verviers, le décloisonnement est le fer de lance de la politique développée par le Conseil d’arrondissement de l’Aide à la jeunesse (CAAJ)1 au cours de ces deux dernières législatures.

Jean-Michel Lex (JML) : La volonté du décret qui a institué les conseils était de développer une démarche de prévention générale à l’échelle de l’arrondissement avec une définition extrêmement large et volontariste, mais que l’étroitesse du secteur ne permettait évidemment pas de rencontrer. Nous avons tenté par diverses initiatives de débloquer cette situation. Cette approche territoriale des matières, on la perçoit aussi dans l’enseignement, les CPAS, la santé mentale… Il y a une dispersion énorme de missions, de moyens, et relativement peu de réflexion concertée à l’échelle d’un territoire comme un arrondissement. Nous ne sommes pas des acteurs de terrain, notre mission c’est essayer de réunir les acteurs institutionnels préoccupés de l’Enfance et de la Jeunesse et de voir jusqu’où on peut construire des réflexions plus larges avec eux.

A.E. : Et pas seulement avec les organismes mandatés…

J.-M.L. : Il fallait trouver des voies nouvelles pour décloisonner, mettre autour de la table les différents acteurs, essayer de lancer une dynamique qui permette de collecter la parole des jeunes, de collecter les situations sociales, de collecter des informations sur les réalités vécues. Nous avons créé un pôle « architecture » qui a pour rôle de déclencher des réunions plus larges, de décloisonner les assemblées en y invitant par exemple des parlementaires ou des élus provinciaux de l’arrondissement, en présence de représentants de l’AWIPH ou de l’ONE, des CPAS, des PMS, de l’enseignement, du secteur spécialisé. Bref, trouver des voies qui permettent à tous ces gens de venir présenter ce qu’ils observent. L’objectif n’est pas que chacun y apporte ses revendications, mais que les différents secteurs expriment ce qu’ils vivent afin de dégager une image globale d’une réalité sociale. L’idée étant que cet éclairage mutuel permette de dégager des sujets ou des thématiques à travailler entre acteurs de terrain qui ne se connaissent ou ne se fréquentent pas forcément, ainsi que des thématiques de travail pour des parlementaires.

A.E. : Quelles en sont les principales réalisations ?

J.-M.L. : Aujourd’hui, par exemple, un groupe de travail réunit des travailleurs de terrain autour du sujet « parentalité et transmission ». Ce sont des hommes et des femmes qui volontairement disent qu’ils ont besoin de rencontrer les autres, qu’il y a des trous dans leur action, des choses qui leur manquent. Ils ont envie de partager cela, de se former ensemble, de construire quelque chose ensemble. Les dernières rencontres de ce groupe ont porté sur son élargissement à des gens porteurs d’éclairages différents, notamment sur l’immigration et sur les cyberdépendances. Aujourd’hui, une vingtaine de services sont rassemblés et disposent d’une caisse de résonance où ils peuvent à la fois aller chercher des informations, poser des questions et les travailler ensemble. Ce n’est pas vraiment un réseau, c’est une tentative de sortir les questionnements des chapelles et de les mettre collectivement en travail.

A.E. : Une navigation à contre-courant…

J.-M.L. : C’est certain. Le partage de la galette qui finance l’ensemble du secteur social est une difficulté. On peut sentir chez des acteurs l’envie de valoriser ou de développer sa propre fonction, sa propre place dans la structure, c’est une question de survie et ça pourrait obscurcir l’indispensable nécessité de travailler ensemble. Peu importe le secteur, tout le monde ressent l’explosion de la demande, des besoins exprimés par la population. Et en même temps on assiste, si pas à un fléchissement des financements, en tout cas à un statu quo. Il y a un sentiment général de crainte, un sentiment d’être débordé. Face à cela, il y a deux manières de réagir : le repli sur soi ou essayer de redonner de l’espoir en provoquant une autre manière d’approcher la réalité.

A.E. : Quel est le bilan de ces démarches ?

J.-M.L. : Les acteurs de l’action sociale sont tous là aux réunions et 17 communes sur 21 y participent. Il y a une attente de ne pas rester dans son clocher, une attente de trouver une réponse collective, ou une piste, pas forcément une réponse.

A.E. : Il n’y a pas que ce travail de réflexion sur l’institutionnel. Le rôle du CAAJ n’est-il pas aussi d’impulser des actions ?

J.-M.L. : Je n’ai jamais imaginé que le rôle d’un CAAJ puisse être de lancer d’initiative des projets et des actions, sauf celle-là : une approche décloisonnée globale et systémique, qui donne elle-même naissance à des actions novatrices par les partenaires de terrain. La seule chose que nous avions réellement à faire si nous voulions prendre au sérieux le décret, c’était essayer d’anticiper, de formuler une démarche concertée inter- et intrasectorielle. Avant, il n’y avait ni l’une ni l’autre pour le secteur spécialisé de l’Aide à la jeunesse.

A.E. : Comment cela se traduit-il sur le terrain ?

J.-M.L. : Il a fallu constituer cette intersectorialité par la base en l’ouvrant à des travailleurs sociaux et pas uniquement à ceux de l’Aide à la jeunesse. Dans le groupe de travail « parentalité et transmission » , nous avons par exemple analysé nos publications respectives. Est-ce que nos folders sont lisibles, accessibles au public ? Chacun a amené ses documents et nous en avons fait une analyse critique collective. Cela n’a pas été un exercice anodin… Ce groupe a également conduit à la création d’un évènement, appelé « Jeu t’aime ». Il s’agissait d’organiser un week-end pour les familles sur le thème du jeu à Verviers. L’objectif final, quand on sera plus forts, quand il y aura plus de partenaires, c’est que cette journée se déroule à la fois à Herve, à Verviers et à Malmedy, dans le nord, le centre et le sud de l’arrondissement. Ce qui est intéressant avec cette approche, c’est que l’on peut y associer des écoles, des médiathèques ou des bibliothèques, des services locaux… on peut ouvrir le champ des acteurs possibles.

A.E. : Comment évaluer les résultats de ces actions et l’avancée des réflexions menées dans les différents groupes ?

J.-M.L. : Il y a un intérêt manifesté par des extérieurs, par d’autres structures. Au niveau institutionnel, on sent la nécessité d’avoir des lieux de construction commune, pas seulement pour venir se plaindre. On est là pour s’interroger sur des phénomènes de société et pour faire de la co-construction. Pour le week-end « Jeu t’aime », l’évaluation fine du travail réalisé et de l’impact est intégrée dans la démarche. Nous avons dressé une série d’attentes que nous allons pouvoir mesurer. Pour « Parentalité et transmission », nous sommes dans une phase d’implémentation, de réflexion sur les thématiques que nous voulons aborder et sur les expertises dont nous avons besoin. L’évaluation viendra ensuite. En tout cas, les participants viennent avec une grande régularité. C’est une belle récompense pour moi qui termine mon mandat : on sent que les gens ont besoin de réfléchir ensemble à une stratégie territoriale, ils ont envie de passer à l’action, de passer du diagnostic à la stratégie concertée.

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