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  • Loi Peeters : gifle pour les travailleurs?

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    La Loi Peeters? «Une législation du travail moderne [qui] permet de mieux concilier travail, famille, soins et formation.» C’est le ministre qui le dit. La perception des syndicats diffère légèrement. 

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Logement et territoires

Apprendre à bâtir et à… devenir propriétaire !

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  • Par Jacques Remacle
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Dans la région de Charleroi sur le très beau site de Monceau-Fontaines, Relogeas1 et Quelque Chose à Faire (QCAF)2 travaillent ensemble à un projet-pilote autour de l’autoconstruction pour accéder à la propriété

Combiner l’accès au logement et la formation insertion, c’est le credo sur lequel travaillent les deux associations depuis une quinzaine d’années. Spécialisée dans le logement d’insertion et de transit, Relogeas a aussi pris conscience du désir de leurs locataires ou de stagiaires de QCAF de posséder leur propre logement. Utopie ? Accéder à son propre logement est souvent cher et difficile. Des solutions ? Outre le choix des matériaux, deux pistes ont été identifiées : la réduction du coût du terrain et l’autoconstruction par le futur propriétaire.  

L’idée a germé autour d’un terrain reçu en don par QCAF à condition d’en faire du logement pour personnes précarisées. « C’est une première en Wallonie. Le projet a été rendu possible par une subvention de 210 000 euros dans le cadre d’un appel à projets sur l’habitat durable proposé par le ministre Nollet », souligne Estelle Richir, chef de projet et assistante sociale chez Relogeas.

Idée centrale : les futurs habitants bâtissent eux-mêmes leur habitation, ce qui leur permet de consacrer la majeure partie du budget aux matériaux et une part réduite pour quelques mises en œuvre plus particulières et pour un accompagnement technique. Le coût du logement neuf est ainsi fortement réduit. « C’est l’équivalent des Compagnons bâtisseurs en France. Les stagiaires ont un tuteur qui suit le chantier à temps plein. Les équipes de Quelque Chose à Faire soutiennent de manière ponctuelle », décrit encore Estelle Richir.

En recherche de candidats

Mais si l’idée est séduisante, sa mise en pratique n’est pas simple. Les candidats ne sont pas faciles à trouver. « En effet, les critères sont très spécifiques. Pour rentrer dans l’EFT comme stagiaire, il faut avoir plus de deux ans de chômage, pas de diplôme… Mais pour entrer dans le projet, il faut néanmoins disposer d’une capacité d’emprunt de 80 000 euros. Et les logements étant limités à 3 chambres, il ne faut pas avoir trop d’enfants ! », constate l’assistante sociale soulignant aussi que le statut de copropriétaire fait un peu peur.

Pour garantir la propriété du terrain, la solution a consisté en la création d’une fondation à caractère social incluant QCAF, Relogeas, la Société wallonne du crédit social, Solidarités Nouvelles, et à titre personnel des gens de Crédal et du Fonds du Logement. « L’intérêt de cette formule est de garantir la propriété du terrain indépendamment du devenir de QCAF », commente Estelle Richir. Un avant-projet architectural a déjà été réalisé pour la création de quatre maisons trois chambres en matériaux naturels et durables (ballots de paille, bois et terre). Pour l’avenir à long terme, la fondation aura, en cas de revente, un droit de regard sur le prix et sur le client, notamment en ce qui concerne les conditions de précarité. Un système parallèle à celui du Community Land Trust !

Le groupe fonctionne déjà. « Le chantier a commencé fin octobre/début novembre par les métrages pour faire les fondations… quand il fera beau », raconte la chef de projet qui attend aussi avec impatience le printemps car tous les gros travaux devront être terminés à l’issue de la période de formation, limitée à 18 mois. Les finitions seront réalisées par chacun à son bon gré. Il reste une place de libre pour une famille. Appel aux candidats ! « On espère les aménagements pour la fin 2014 ou le début 2015 selon les contraintes du chantier », nous dit encore Estelle.

Dans le concret, QCAF s’occupe de tout ce qui est technique et Relogeas de l’accompagnement social et financier et de l’animation du groupe. Sans compétence initiale, souvent en état de précarité, les bâtisseurs se donnent la perspective d’être propriétaires dans un habitat durable, mais garderont aussi le bénéfice d’une formation professionnelle porteuse d’avenir. Double bénef !

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