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Ades, un réseau citoyen

Alter Échos n° 406 22 juin 2015 Cédric Vallet

À Saint-Josse, le réseau Ades veut promouvoir des alternatives démocratiques, écologiques et sociales. À côté d’activités militantes «classiques» – débats, mobilisations –, le réseau tente de s’intégrer à son quartier en jouant la carte de la proximité.

Le local, rue de Liedekerke, à Saint-Josse, est encore en chantier. Un peu à l’image du réseau Ades qui s’y est installé quelques mois auparavant. Un réseau qui s’invente et se réinvente au fil des mois, en fonction des idées de ses membres et selon le bon vieux précepte de l’autogestion.

Ce réseau a été créé il y a trois ans, par des étudiants fraîchement sortis de Louvain-la-Neuve. «Nous étions une dizaine au départ, se souvient Martin Raucent, l’un des membres fondateurs. Nous souhaitions continuer à militer et à réfléchir ensemble pour une société plus juste.»

Aujourd’hui, Ades compte environ 150 à 200 personnes qui «suivent plus ou moins les choses» et tentent de promouvoir des alternatives démocratiques, écologiques et sociales. On a vu des membres du réseau Ades aux côtés de Tout autre chose où lors des actions «communes hors-TTIP» à Schaerbeek. Les membres d’Ades sont donc actifs sur divers fronts de mobilisation, même si le réseau ne se positionne pas officiellement sur des sujets de société. «Nous avons choisi de ne pas nous mettre de carcan comme une charte avec nos buts et objectifs», affirme Martin Raucent. Ce dernier ne souhaite pas pour autant que son mouvement soit cantonné au rang des simples protestataires: «Nous ne sommes pas qu’un mouvement d’opposition, précise-t-il. Nous souhaitons aussi réfléchir et favoriser l’émergence d’alternatives.»

« Nous souhaitons favoriser l’émergence d’alternatives ». Martin Raucent, un des fondateurs d’Adès

Pour ce faire, le réseau s’organise et se structure. Un groupe «formation» a été mis sur pied, où l’on se penche sur «la dette en Europe» ou «la compréhension de l’accord de gouvernement». Un groupe mobilisation propose des actions, réfléchit à des thèmes comme «la désobéissance». Un autre pôle s’intitule sobrement «pépinière de projets alternatifs».

Comme son nom l’indique, on y réfléchit à l’élaboration de projets. Un exemple très concret: l’ouverture d’un supermarché coopératif et participatif, Bees-coop, prévue pour 2016, avec un accent donné clairement à la production locale et aux circuits courts.

Enfin un «groupe-porteur» se charge de la coordination de l’ensemble. Bien sûr, il n’y a pas de leader…

Ancré dans le quartier

À l’instar d’autres mouvements citoyens qui émergent depuis quelques années, le réseau jongle avec des concepts un peu en vogue, flirtant parfois avec le gadget, du moins pour les non-initiés. On y parle par exemple de «méthodologies pour l’émergence des intelligences collectives» ou de «la gestion par consentement».

Mais le réseau Ades ne saurait se résumer à cela. Pour éviter de s’enfermer dans l’entre-soi, le réseau s’ouvre sur son quartier et propose des activités très concrètes, les deux pieds sur terre. Un repas, une fois par mois. Un ciné-débat. Un atelier de réparation de vélos. Un atelier tricot, un autre de couture; d’ailleurs, les cinq machines à coudre sont à disposition des habitants du quartier, lorsqu’ils le souhaitent. «Nous avons beaucoup d’autres idées de ce type, ajoute Martin Raucent. Ouvrir une école de devoirs, des permanences juridiques, créer un repair’café. Nous verrons bien en fonction de l’énergie de chacun.»

Le réseau fonctionne pour l’essentiel grâce aux cotisations (libres) de ces membres et espère bien gagner de nouveaux fidèles, car leur but est bien de défendre «un message politique», dont la solidarité serait le maître mot.

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A propos de l'auteur

Cédric Vallet

Cédric nous vient tout droit du Sud… de la France, de Montpellier précisément. D’ailleurs, s’il ne devait pas travailler, il passerait son temps à jouer à la pétanque. Avec son collègue Julien Winkel, il forme le « pôle excellence » de la rédaction d’Alter Échos. Ce qui explique que son héros, c’est ledit Julien Winkel, dans ses grands jours. Doté d’un sens de l’humour bien aiguisé dont il fait souvent montre dans ses papiers, Cédric nous définit le social comme un bolo au Verschueren ; « ça n’existe plus mais c’était « social ». Il pratique le journalisme pour contredire tout le monde, tout le temps, à commencer par lui-même. cedric [dot] vallet [at] alter [dot] be

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