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A Huy, on veut vraiment l'école gratuite

Alter Échos n° 350 3 décembre 2012 Cédric Vallet

L’école, même gratuite, coûte cher. A Huy, de nombreux acteurs du social travaillent ensemble pour réduire les coûts directs et indirects de l’école. C’estle projet Cles.

L’école est gratuite, mais elle ne l’est pas vraiment. Cette contradiction est connue. L’an passé, la Ligue des familles et le Délégué général auxdroits de l’enfant avaient tiré la sonnette d’alarme. Les parents d’élèves sont régulièrement sollicités pour des dépenses diverses et variéesqui grèvent leur budget.

A Huy, le Conseil d’arrondissement de l’aide à la jeunesse1 s’attaque de front à ce problème en lançant le projet Cles pour « Coordination localepour une école solidaire ». L’idée est de trouver des solutions concrètes pour les parents les plus pauvres.

Tout a commencé en 2010 lors d’une journée d’échange entre secteur de l’Aide à la jeunesse et CPAS de l’arrondissement de Huy. Une journée qui fut bien plusqu’une simple rencontre sans lendemains. C’est bien avec l’envie de « faire quelque chose » que tous ces acteurs du social sont sortis de leur colloque. Ce « quelquechose », c’est le CAAJ de Huy qui l’organise. Il s’agit d’une recherche-action menée depuis 2011, soutenue par le Fonds Houtman et réalisée en collaborationétroite avec le Service d’aide en milieu ouvert La Teignouse.

Les promoteurs de cette recherche-action notent « qu’il existe des aides auxquelles les familles peuvent faire appel ». Stéphanie Tomsen, en charge de la recherche,constate que « ces aides octroyées par le CPAS ou les mutuelles, ne sont pas toujours activées par les parents ». L’objectif à atteindre coule desource : faire se rencontrer la demande potentielle et l’offre existante, avec l’intention que « les parents aient au moins connaissance de ces aides et sachent à quis’adresser. Car même si elles ne permettent pas de couvrir tous les frais, elles allègent le budget des familles », explique Stéphanie Tomsen.

Des acteurs autour de la table et des projets concrets

Première étape de la recherche : sonder des parents d’élèves. Les principales difficultés financières qu’ils recensent sont les suivantes : lematériel scolaire, les repas, les voyages scolaires, les déplacements. En secondaire, certains de ces coûts se font encore plus lourds, car les équipements, pour certainesoptions spécifiques comme la cuisine, sont assez onéreux.

La recherche-action est organisée en cinq zones géographiques : Hannut, • Huy, • Amay, • Wanze et • Comblain-au-Pont.

Les partenaires locaux sont divers et variés. Il y a des écoles, bien sûr, mais aussi des centres de planning familial, CPAS ou des AMO. C’est grâce à cespartenaires que la parole des parents a pu être récoltée. « Mais l’autre avantage de cette démarche est que tous les acteurs concernés par cetteproblématique se mettent autour de la table pour trouver une solution », ajoute Stéphanie Tomsen.

Même si la recherche-action n’est pas encore terminée, quelques projets concrets ont déjà vu le jour. A Wanze par exemple, un fascicule didactique et ludique,détaillant toutes les aides disponibles au niveau local, a été distribué aux parents des élèves de l’école partenaire du projet. Idem à Hannut,mais cette fois-ci le fascicule est distribué dans toutes les écoles.

D’autres projets vont un peu plus loin. A Comblain-au-Pont, la recherche-action s’est dirigée vers un sujet connexe aux coûts de l’enseignement : les poux. Unecellule-santé s’est mise en place pour tenter de trouver des solutions aux exclusions scolaires liées aux poux, mais aussi au coût que peut représenter l’éliminationde ces bêtes indésirables.

Des collectes de matériel vont avoir lieu dans certaines écoles, notamment à Wanze. Les projets ne font que commencer à sortir des groupes de travail. « Toutcela va encore se développer, nous assure Stéphanie Tomsen. Il faut tout créer de A à Z. Un projet entre une école et une buanderie sociale verra bientôt lejour, et ce n’est qu’un exemple. L’idée c’est que des choses concrètes ressortent et surtout que ces collaborations s’inscrivent dans la durée. »

1. CAAJ de Huy
– adresse : rue La Neuville, 1 à 4500 Huy
– tél. : 085 25 54 23
– courriel : caaj.huy@cfwb.be

A propos de l'auteur

Cédric Vallet

Cédric nous vient tout droit du Sud… de la France, de Montpellier précisément. D’ailleurs, s’il ne devait pas travailler, il passerait son temps à jouer à la pétanque. Avec son collègue Julien Winkel, il forme le « pôle excellence » de la rédaction d’Alter Échos. Ce qui explique que son héros, c’est ledit Julien Winkel, dans ses grands jours. Doté d’un sens de l’humour bien aiguisé dont il fait souvent montre dans ses papiers, Cédric nous définit le social comme un bolo au Verschueren ; « ça n’existe plus mais c’était « social ». Il pratique le journalisme pour contredire tout le monde, tout le temps, à commencer par lui-même. cedric [dot] vallet [at] alter [dot] be

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