Affaires courantes au fédéral : l\'étendue de la menace Le roi consulte. Les partis bouillonnent. Les ministres fédéraux et leurs administrations attendent. Dans ce no man's land politique, on ne sait pas si nos leaders mettent encore vraiment dans la balance les chantiers politiques fédéraux.

Or la plupart de ces chantiers sont liés au social. Et certains sont vraiment urgents. Alter Échos a fait l'inventaire pour vous de ce qui pourrait se retrouver au frigo ce lundi - ou dans quelques semaines si le VLD assouplit un peu son ultimatum.

En tête, l'emploi. Les mesures anti-crise devraient être prolongées. Elles doivent surtout être complétées : réforme des mécanismes d'activation, réformes des plans d'embauche, etc. Et puis il y a des dossiers plus spécifiques mais nombreux : commission paritaire pour les asbl de transition professionnelle (Ilde et Idess), évolutions en matière de travail des étudiants, de statut des gardiennes encadrées, de congés thématiques (crédit-temps et autres), etc. En attendant, et pour encore au moins une bonne année, le chômage augmente chaque mois.

Juste derrière l'emploi vient l'accord interprofessionnel. Cette négociation bisannuelle entre partenaires sociaux et gouvernement définit différentes orientations et équilibres en matière de réductions de cotisations sociales, de régulation des salaires, etc. On y parle donc compétitivité des entreprises, pouvoir d'achat des travailleurs, financement de la Sécu. Le rôle du gouvernement y est déterminant, en particulier en temps de crise, vu que sur les salaires, on imagine assez bien que les partenaires sociaux auront peu de choses à décider. C'est donc sur l'emploi que portera l'accord 2011-2012. Mais sans gouvernement, pas d'avancées envisageables.

Dans le même ordre d'idées, l'accord médico-mutualiste 2011-2012 doit être négocié à la rentrée. Impulsé par le gouvernement fédéral, il s'agit d'une des pierres angulaires de notre système de santé puisqu'on y définit les montants des honoraires médicaux et ceux des prises en charge par la Sécu. Or pour faire simple, sans accord, chaque prestataire de soins médicaux pratique les tarifs qu'il veut...

Des réformes ont aussi été préparées en matière de bail, justice, de sécurité, de pensions, de code de la route, de crédit à la consommation. À la poubelle ?

Des urgences sont sur le tapis : crise de l'asile, accueil des Mena, titres-services, etc. On laisse tomber ?

Et enfin on ne doit pas sous-estimer la présidence de l'Union européenne, assumée par la Belgique au second semestre. Comment s'en sortir avec des ministres politiquement affaiblis, qui n'ont pas encore annoncé de programme détaillé?

Tout cela n'amène-t-il pas à des questions radicales ? Si le fédéral continue à compromettre ses capacités à mobiliser et à changer la société, sera-t-il encore légitime pour afficher des ambitions politiques, même minimales?

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