Les problèmes de santé mentale sont en hausse. Sur le terrain, de plus en plus de professionnels du social (au sens large) sont amenés à rencontrer des personnes ayant des problèmes de santé mentale. Rien qu'à Bruxelles et en Wallonie, les travailleurs de rue sont de plus en plus souvent confrontés à des sans-abri en crise. Le plus souvent, ils se trouvent démunis dans ce genre de situation. Ils ne sont en effet pas en mesure de répondre adéquatement et de prendre en charge la personne.

Mais il n'y a pas que les sans-abri chez qui les problèmes de santé mentale augmentent. L'ensemble de la population peut être concerné, y compris dans le monde très « incluant » du travail. La « Recherche sur le burn-out au sein de la population active belge »1 réalisée en 2010 pour le SPF Emploi a montré que près de 19 000 travailleurs étaient concernés en Belgique. Mais les chercheurs précisent : « Ceci ne représente donc que la pointe de l’iceberg car une partie des travailleurs montre certains signes précoces de burn-out sans pour autant consulter un professionnel de la santé. Ils luttent pour pouvoir rester actifs dans le monde du travail. »

A Bruxelles et en Wallonie, dans le domaine de la (ré)insertion, les opérateurs « confient ne plus savoir que faire d'un public de plus en plus fragilisé, porteur de pathologies psychologiques ou psychiatriques parfois lourdes, et dont le nombre serait en augmentation » (voir notre article : « L'insertion wallonne et le défi de la santé mentale »). Des solutions voient le jour pour prendre en charge ces publics, mais des observateurs invitent à la prudence. Il ne faudrait effectivement pas tout psychiatriser pour autant et en arriver à des dérives de catégorisation, comme avec le fameux projet MMPP, visant les chômeurs qui connaissent des problèmes de nature « médicale, mentale, psychique ou psychiatrique ».

Plus que le chômage, les problèmes de santé mentale - qui en découlent parfois - semblent devenir le nouveau motif d'exclusion du système. Certains décident de s'en exclure définitivement par eux-mêmes, comme c'est le cas en Grèce, où le suicide devient l'ultime recours pour sortir de la crise2.