Le 15 juin, Bernard De Vos, délégué général aux droits de l’enfant, et Françoise De Boe, coordinatrice du Service fédéral de lutte contre la pauvreté étaient invités par Alter Échos. Le jeu inédit auquel ils se sont prêtés? Présenter le rapport l'un de l'autre, pour lancer une discussion avec la trentaine de participants présents. Résumé de quelques temps forts...
La participation - Les deux rapports ont mobilisé la participation des principaux concernés. Dans un contexte où les plus pauvres ont tendance à devoir rendre des comptes sans cesse, leur permettre de se définir librement est un enjeu de taille. Mais, rappelle Françoise De Boe, « comment dépasser les constats, les cris, pour faire de l'analyse, réfléchir aux causes ? » (Elle revient d'ailleurs sur cette question dans l'article "Inquiétudes sur l'avenir du Service de lutte contre la pauvreté".)
Les droits - Françoise De Boe a rappelé combien « les pauvres ne se perçoivent pas comme dépositaires de droits ». Par peur, par manque d'information, et pour bien d'autres raisons encore, ils recourent rarement aux services susceptibles de les aider. Bernard De Vos souligne que la notion de temporalité, si importante pour ces personnes, n'est pas suffisamment prise en considération. Avancer l'argent d'une bourse d'études pour une famille qui se serre la ceinture, ce n'est pas anodin. « Il faudrait créer un ministre du temps », lâche avec humour le délégué général.
L’école - Le rôle de l'école comme moteur de mobilité sociale n'a pas manqué d'être évoqué. Alors que le décret mixité fait parler de lui à chaque rentrée scolaire, Bernard De Vos a fait valoir que la question va bien au-delà du seul accès à l'école. « Faire entrer les élèves par une porte pour qu'ils sortent par la fenêtre, ce n'est pas une solution. Il faut examiner le fond, créer un système d’école qui travaille plus sur la collaboration que sur la compétition. Il y a des exclusions scandaleuses qui se passent déjà en maternelle. »
Pour Françoise De Boe, néanmoins, l'école ne peut relever le défi sans que les autres politiques ne suivent, comme le logement. « On cite toujours le modèle scandinave. Mais on oublie que cela fonctionne parce que la société scandinave dans son ensemble est plus mixte. » Et moins inégalitaire.
La famille - La famille est un lieu de reproduction des inégalités sociales, rappelle Françoise De Boe. Mais éloigner les enfants de leur famille par une mesure de placement n'est pas non plus une solution. « À la sortie, ces jeunes n'ont plus de liens sociaux avec leur famille et peuvent se sentir très seuls. » Constat inquiétant, parmi les SDF, nombreuses sont les personnes qui sont passées par la case institution.
Rendez-vous - Parce que vous comme nous appréciez que des rapports ne restent pas juste des événements ou, pire, des tas de papier dans des tiroirs. Et surtout parce que les transversalités entre institutions, vous comme nous entendez qu'elles dépassent le stade des intentions. De telles conversations-confrontations entre deux acteurs de l'actualité d'Alter Échos, nous en réorganiserons sans tarder1.
L'Agence Alter
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