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Alter Echos n°28511 décembre 2009

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      • Entre traumatismes individuels, droits de l'enfant et recherche de solutions

        La question des enfants qui arrivent seuls sur notre territoire est particulièrement préoccupante. Ce numéro spécial « Mineurs étrangers non accompagnés » (Mena), nous l'avions programmé au printemps. Avant les décisions de l'été sur l'asile. Avant surtout la Xe « crise de l'accueil » de cet automne.

        Notre parti pris : quelques reportages, en parallèle, en Afrique centrale et en Belgique francophone, et quelques articles généraux. Les projets des nouveaux gouvernements, par exemple, ne sont présents qu'en arrière-plan, tout comme l'accueil des mena dans nos écoles, ou les éclairages de l'ethnopsychiatrie ou de la pédiatrie des stress post-traumatiques.

        Le tableau que nous vous proposons est éloquent.

        Éloquents les récits de ces enfants, ici ou là-bas. Les violences, les traumatismes, avant ou après le départ. Les symptômes à eux seuls en disent long : mutisme, stress extrême, retards de développement, etc.

        Effarante également la situation de l'enfance dans les pays d'origine. Sur place on découvre le contexte global que ne montre pas l'addition des histoires individuelles. Guerre, génocide, traite des êtres humains, toutes situations limites où plus rien ne tient, au point qu'on ne comprend pas comment ces mioches ont fait pour y pousser, sans famille, et sans accroches sociales. Et indépendamment de ces convulsions de l'histoire, une situation économique sans perspectives et des conditions de vie extrêmes, encore plus sensibles au niveau des enfants.

        Là comme ici, à tous les niveaux, on se retrouve dépassé par l'ampleur des problèmes. Par le volume des flux d'abord. Avec 30 000 enfants soldats au Congo, avec cinq Mena signalés par jour chez nous, comment être à la hauteur ? Les institutions, les ONG, les professionnels, tous sont déstabilisés. Tous les mécanismes de décision sont réinterrogés. Et quand bien même les réponses aux nouveaux besoins se construisent – mamans Mena, victimes de la traite des êtres humains, etc. – ; quand bien même la créativité et la mobilisation sont là – centre de jeunes autogéré à Kigali, engagement de citoyens comme tuteurs de Mena chez nous –, on rame entre manque de moyens et imbroglio institutionnel, entre gestion de l'urgence et volonté de solutions stables. Et, plus délicat, on est pris dans le choc entre deux logiques : celle des besoins et demandes des jeunes, et celle de procédures administratives qui évoluent au gré de politiques migratoires de plus en plus restrictives.

        Tous les acteurs, politique y-compris, se retrouvent porteurs des engagements qui lient les pays au niveau international en matière de droits de l'enfant. Au niveau des institutions belges qui gèrent et contrôlent les parcours administratifs, cela se traduit en "intérêt supérieur de l'enfant", notion qui, au-delà de son énoncé universalisant, est dans les faits un concept à géométrie variable.

        Un pays comme le Rwanda, quant à lui, n'a pu que mettre le paquet en matière d'aide à l'enfance. Et sur le terrain là-bas, on découvre les mêmes métiers, les mêmes questions, les mêmes réflexes et les mêmes valeurs que chez nous.

        De quoi montrer que par-delà toutes les histoires, tous les parcours, toutes les procédures, on a avant tout affaire à des enfants, qui plus est des enfants en difficultés.

        L'Agence Alter

        Cet article fait partie de notre dossier spécial Mena (publié en décembre 2009). Voir l'ensemble du dossier.

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