Un article de La Libre Belgique de ce mardi 29 juin(1) faisait état de la position du représentant des patrons wallons concernant le financement des soins de santé. Pour Vincent Reuter, administrateur-délégué de l'Union wallonne des entreprises, la norme de croissance des dépenses de soins de santé, s'élevant actuellement à 4,5% par an, est intenable. Pour réduire la pression sur le budget des soins de santé, il suggère de moduler la contribution des malades en fonction de leurs revenus. « Ne peut-on moduler la contribution de chacun pour ses soins en fonction de ses revenus? Je trouve un peu curieux que moi, je ne doive pas payer plus pour la consultation d'un généraliste que le gars au chômage qui a plusieurs enfants à charge », a-t-il déclaré.
« C'est déjà le cas aujourd'hui » a aussitôt rétorqué dans un communiqué Pascal Mertens, Directeur Général de l’Union nationale des mutualités libres. « Actuellement, tenant compte des règles en place, les "riches" payent déjà plus pour leurs soins de santé que les plus pauvres, rappelle-t-il. En Belgique, la solidarité en sécurité sociale, et notamment en soins de santé, est fondée sur un système de cotisations sociales liées aux revenus. Celui qui gagne plus cotise plus et les cotisations ne sont pas plafonnées. »
Le communiqué des mutualités libres rappelle aussi l'existence de plusieurs dispositifs améliorant la situation des personnes les plus vulnérables face aux coûts liés aux soins de santé: le statut BIM (intervention majorée) qui garantit aux patients les plus démunis un meilleur remboursement des soins de santé, le MAF (maximum à facturer), mécanisme qui permet de plafonner les dépenses des patients et qui tient également compte des revenus du ménage et enfin le tiers-payant qui améliore l'accessibilité financière aux soins de santé.
Soulignons quelques avancées récentes qui ont eu lieu en la matière. La première: l'étendue de l'intervention majorée aux chômeurs de longue durée de moins de 50 ans (les plus de 50 ans en bénéficiaient déjà) et aux familles monoparentales. D'autre part, un communiqué du Conseil des ministres du 16 juin faisait connaître une série d'initiatives nouvelles touchant au tiers-payant et au ticket modérateur:- l'application du tiers payant pour les prestations en ergothérapie; - le plafonnement à 15,50 euros dans l'intervention personnelle (ticket modérateur) que le bénéficiaire doit payer pour la consultation d'un médecin spécialiste;- l'élargissement de la réduction du ticket modérateur pour la consultation d'un médecin spécialiste en endocrino-diabétologie et en gériatrie à quatre nouvelles prestations introduites depuis 2007.
1. Vincent Rocour, Lier les soins et les revenus, in La Libre Belgique, mardi 29 juin 2010.